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foret , vitam redimere ; sed nescìo quod dicam ,nijì fatali vesaniâ fuisse correptum , & se précipitentjaceret. II paroît par ce fragment de lettre queServet a pu se rétracter; que Calvin l’avoit dé-liré ; qu’il étoit fâché que la rétractation n’eûtpas été faite : il est clair qu’on lui en fournit lesoccasions dans une foule d’iuterrogatoires qu’onlui fit subir; ils se réduisoient toujours au moinsà des conversations idéologiques , où l’on cher-choit à l’instruire ; mais il persista à défendre sesopinions dune maniéré blasphématoire; de forteque, íi Servet fut condamné , c’est parce qu’ilne craignit pas de s’y exposer, puisqu’íí comtois-soit lexistence des loix qui le menaçoieut, 8cpuisque , sans ces loix abominables, on n’auroitpu lui faire son procès ; mais , comme on nepouvoir les violer pour l’abloudre, ou ne pou-voir les changer pour les adoucir : aussi elless’opposereut au désir qu'on avoir de commuer lapeine en un bannissement, & elles s’opposerentde même aux efforts de Calvin pour rendre lessipplice moins cruel.
Quelle étoit donc la jurisprudence des tribu-naux civiís & ecclésiastiques dans les matièresrélatives à l’héréíie? Je frémis en pensant queles chrétiens, qui ont toujours été si divisés àtant d’égards, se soient si barbarement réunispour condamner les hérétiques à la mort. Les