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même qu’il n’avoit pas fait arrêter Servet àVienne , où il savoit qu’il séjournoit depuisquatre ans , 8c il ajoute naïvement que , s’ilavoit contribué à le faire emprisonner, il nevoudroit pas le nier, parce que cela ne sauroitlui faire tort.
Que pensera-t-on de Calvin après cet examen?J’avoue que fa conduite me paroît très-blâmabledans le fonds : l’intolérance est à mes yeux unefaute énorme contre Dieu, contre les hommes,contre le christianisme ; mais je ne puis me ca-cher en même tems les opinions généralementreçues dans le seizième siecle, les roues 8c lesgibets dressés de toutes parts contre l’héréste,les loix qui ordonnoient la mort des hérétiques,les bourreaux qui la leur faisoient subir de toutesparts , 8r le zele aussi aveugle que féroce qui pa-roissoit applaudir à ces pieux assassinats. Enfin,il me semble que, puisqu’on n’a pas regardécomme des âmes atroces tous ceux qui ont faitmourir les hérétiques , on ne peut justementdistinguer Calvin pour le flétrir, puisqu'il ne futpas plus intolérant qu’eux 8c que tous les chré-tiens de son tems.
Qu’on ne dise donc plus avec Bossuet que,lorsque les protestans reprochentaux catholiques-romains la mort de tant de milliers d’hérétiques,on doit leur rappeler la mort de Servet 8c l’exil