Band 
Tome troisieme.
Seite
174
JPEG-Download
 

( 174 )

prépare à servir la République par de bonnesétudes ; il savoir que , quand la Patrie demandeau Citoyen ses services , il 11 c suffit pas d’avoirdu zele pour lui obéir; mais qu’il faut posséderencore les connoissances nécessaires pour luiêtre utile. Audi Lullin considérant l’importancedes arts & des fabriques dans un état qui ne peuttrouver des ressources que dans l'industrie deses habitans, & dans une industrie qui doitse borner à la fabrication de ces ouvrages , dontla main de l’ouvrier fait tout le prix, tandis queleur valeur intrinsèque est peu considérable :Lullin voulut connoître à fond les arts exercésdans Geneve, & ceux qu'on pourroit y introduire,avant de les juger & de penser aux moyens de fa-voriser leurs progrès : il ne les étudia pas dans leslivres, où l'on ne trouve pour l’ordinaire quedes descriptions vicieuses on tronquées, paresqu’elles ne font pas faites par des Artistes-Philo-sophes ; mais il entra dans les atteliers : il de-vint même apprenti dans chacun des arts qu’ilétudioit, & il fut bientôt en état de pouvoiren raisonner plus profondément que ceux quiles ont toujours exercé.

L’indolent Petit-Maître , qui a tout vu de-puis son ottomane ; le Politique profond, qui secroît arrivé au plus haut degré du savoir quandil pose les bases d’une législation, ne s’imagi-