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cette lanmie. II suffit de plaire par d’autres endroits, les reproches quel’on me Fait, me feroient presque croire que j’écris passablement.
Mais que penseront mes gens de ce second Volume, puisque l’érudi-tion du premier les étonne si fort, quoi qu’il n’y ait pas grand sujet?Celui-ci en est bien autrement rempli. Je suis persuadé que bien desSavans , devant lesquels je ne fuis qu’un Pigmée, n’en trouveront pasautant que j’en aurois pû mettre , tant la matière est abondante furl’antiquité militaire, fur une infinité de sujets différens, fur la politique,fur le droit de paix & de guerre , & fur cette guerre même.
J’ai touché quelque chose de la défensive dans mes Observations furla savante guerre d’Erice par Amilcar Barcas, père du grand Annibal,qui est un chef-d’œuvre de l’art, & qui fait voir toute la grandeur dugénie de cet excellent Chef d’armée. L’on verra dans les Volumes fui-vans, que je n’ai donné dans le premier qu’une simple idée de cette sa-vante partie de l’art, que je me suis résolu de pousser auffi loin quemes forces le permettront : car c’est de toutes celle que nous ignoronsle plus , & que l’on met, malgré les conseils des intelligens, le pluscommunément en pratique, toujours à la honte de ceux qui sombras-sent, qui commencent leurs campagnes par tout ce qui peut leur faireperdre l’estime & la confiance de leurs troupes, par des manœuvres ir-réguliéres & toujours timides qui leur abbattent le cœur, & Unifient aubout du compte par un combat qu’ils n’ont pû ni sû éviter, toujours,malheureux par cela seul qu’ils l’ont fans ceíîè & toujours refusé;
On peut acquérir le titre pompeux dé grand homme, de Capitaineexcellent à fort bon marché dans une offensive ouverte ; mais c’est au-tre chose dans une défensive, il en coûte infiniment plus. Cette natu-re de guerre est si difficile, si profonde Sc si délicate , qu’il n’est per-mis qu’à des demi-dieux , ou à des génies extraordinaires, qui lèventun peu la tête au dessus des natures mortelles de s’en bien démêler.
Un poste avantageux, qui défend l’entrée de tout un pais, où celuiqui veut percer se morfond toute une campagne , n’est pas ce qui ca-ractérise le grand Capitaine dans cette savante partie de la guerre. II fautplus que cela. II faut courir une ligne de communication d’une extré-mité de frontière à l’autre, par divers campemens fur la même ligne ,que l’ennemi longe fans qu’il puiíîè la percer, & fans pouvoir combat-tre à fa fantaisie ; c’est là principalement où paroît fur toutes choses legrand & le beau de la science militaire-, mais c’est toujours quelquechose de l’arrêter dans un seul poste, dans un seul passage : ily a sansdoute en cela de l’habileté, car il est rare qu’un poste ne soit pénétra-ble par quelque endroit, & c’èst toujours une marque de savoir & decapacité, lorsq Ue tout est fermé par notre courage &. par notre con-duite.
II n’est pas possible en parlant de cette forte de défensive, qui n’estpas de petite considération, que la campagne de Sirk, ou tout auprès,