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Tome I.
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LIVRE i; G H A P. I, _ 17

L’íntcrêt & k justice, car quand celle-ci auroit manqué , ils n’eussent pas moins" tenték conquête de cette Isle à tort ou à droit , quoique leurs adorateurs en disent , quinous les representent ornez & parez de toutes les vertus de ces terris antiques ; je ne lesleur refuse point: ils en auront tant qu’il leur plaira , je ne m’y oppose pas. Mais ilne faut pas non. plus les croire irréprochables fur l'ambition & fur les vues d'agrandisse-mens & de conquêtes. On fait qu’en ce cas la conscience ne leur saisoit pas plus d’ob-stacle qu’elle en íaifo'it aux Carthaginois. Ceux-ci alloient à] l’injustice à visage décou-vert & làns feinte, les autres la couvroient du voile de l’équité & de la justice. Aparler sincèrement, les Romains & les Carthaginois étoient également injustes & ambi-tieux. Je n’oublirai jamais ce que difoit Mithridate des premiers , que ce n'étoit pasà la mauvaise conduite des Rois qu’ils en vouloient , mais à leur puiílànce & à leurgrandeur. Je reviens au sujet d’où cette digression m’a tire.

On ne fauroit accuser les Romains d’avoir manqué dans les formalité? qui ont étéintroduites dans une guerre folemnelle. Ils s’engagerent d’envoyer du secours à ceuxde Messine comme à leurs alliez ; il n’étoit pas besoin d'une dénonciation publique,quand même Appius Claudius n’eût pas fait ce qu’il fit pour fortifier son droit. Caraprès avoir passé le détroit & qu’il fut entré dans la ville : 11 fit d'abord parler auxCarthaginois & aux Syracusains , mais on ne daigna pas feulement écouter ceux qu'ilavoit envolez.. Enfin la nécejfité lui fit prendre le parti de hasarder une batailles de com-mencer par attaquer les Syracusains.

Cette démarche des Romains est fans doute honnête & louable ; quoiqu’elle ne fûtpas autrement nécessaire , puisqu’il ne s’agiffoit que de la cause de leurs alliez qu’ilsetoient obligez de défendre par les conditions du traité : car quand cette guerre desRomains eût été injuste, elle eût tourné en une guerre juste & folemnelle, lorsque lesennemis rejettérent toute proposition de paix.

L’on peut juger par tout ce que je viens de dire que les principes de cette guerren’eurent rien qui fût contraire au droit des gens ; elle devint d’autant plus juste , qu’iln’y avoir aucun traité ni avec Hiéron ni avec les Carthaginois , qui empêchât les Ro-mains de fe mêler des affaires de la Sicile & de secourir leurs alliez. Si je me fuis unpeu trop étendu fur cette matière , c’est qu’elle m’a paru très-ìmportante : elle sert àapprofondir les caufës d'une guerre sï longue & fì féconde en événemens extraordinai-res , dont la fin fut la conquête de la Sicile & l’expulsion des Carthaginois de cetteIsle, d’où naquit 1a guerre d’Annibal , la destruction de Carthage , & l’Fmpire dumonde aux Romains , puissance où ils ne fussent jamais parvenus fans la guerre de Si-cile. Je dis plus, jamais Annibal n’eût pensé à une si surprenante & si hardie entre-prise que celle de passer en Italie & d’y porter la guerre, si la passion & la haine contreles Romains ne la lui eussent suggérée , plutôt que la grandeur de, son courage & sonexpérience dans la science des armes.

§. i r.

Cmbm de Mefline, Fasttes des Générntsx Carthaginois & Syracusains. Seftpfon sisr la

retraite de Hiéron Roi de Syracuse.

P Olybe est fort faccint dans le récit qu’il nous donne des deux combats de Claudiuscontre les Carthaginois & les Syracusains. Il ne faut pas s’en étonner puisque sesdeux premiers Livres , comme il le dit lui-même , ne font qu’une introduction à fagrande Histoire.

Les Mamertins étoient réduits à l’extrémité à Parrivée des Romains. Ceux-ciTom. /„ C à-