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Tome I.
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L I V R E I. CHAP. IV, Bi

sonnemens, qu’il pousse encore plus loin, anéantir les témoignages, je ne dis pas feule-ment dune multitude d’Historiens, grands & petits de l’antiquité la plus reculée, &de la moienne encore, mais des siécles les plus près de nous ? A l’égard du corbeau, ilferoit inutile de répéter qu’il étoit connu des Grecs longtems avant Archiméde. Cettemachine ne paraît pas seulement au siège de Samos, mais encore un peu avant celui deRhodes par Démétrius Poliorcètes. C’est Yitruve qui nous l’apprend : voici ses parolesdans Perrault, On dit, rapporte l’Auteur, qu’il y avoit un Architecte Rhodien, nomméDiognetus , d qui la République faifoit tous les ans une penjïon fort honorable a cause deson mérité : un autre Architecte nommé Callias, étant venu d'Arado d Rhodes, & aiantdemandé au peuple d’être entendu, proposa un modele ou étoit un rempart , sur lequel ilavoit posé une machine, qui étoit ce guìndage qui se tourne aisément , avec quoi il prit& enleva une hélépole qu’il avoit fait approcher de la muraille, & la transporta au de-dans du rempart. Les Rkodiens votant V effet de ce modèle avec admiration , ôtèrent kDiognetus la penson qui lui avoit été donné, & la donnerent a Callias , qui ne la coníer-Va pas longtems ; car Démétrius aiant assiégé cette place, & fait avancer son effroiablehélépole, dont je parlerai en son lieu, les assiégez eurent recours à Castras pour les endélivrer. Celui-ci leur fit connoître, par de très-bonnes raisons, íbn impuissance à ceségard, & que l’hélépole de l’ennemi étoit à l’épreuve de fa machine par son énormepesanteur. Il y avoit donc des corbeaux capables d'enlever une tour ambulante du se-cond ordre? Mais supposons qu’elle fut plus légére que les galères qu’Archimédecramponnoit & enlevoit si facilement, cela fait du moins voir que la machine de Calliasne différait de celle du Syracusain, qu’en ce que celle de celui-ci enlevoit de plus gran-des masses. Ecoutons Plutarque fur ce merveilleux corbeau.

On voioit fur les murailles , dit-il, de grandes machines , qui avançant es abaissanttout d’un coup fur les galères de grosses poutres , d’ou pendoient des antennes armées decrocs, les cramponnaient , & les enlevant ensuite par la force des contrepoids , elles les lâ-chaient tout d'un coup , ef les abîmaient ; ou âpres les avoir enlevées par la proue avec desmains de fer ou des becs de grues , & les avoir dressées fur la poupe, elles les plongeoientdans la mer, ou elles les ramenaient vers la terre avec des cordages tés des crocs ; &âpres les avoir fait piroueter longtems, elles les brisoient es les frac assoient contre les poin-tes des rochers qui s'avançoient ue dessous les murailles , es écrasient ains tous ceux quiétoient dessus. A tout moment des galères enlevées es susendues en Vair , tournoiant a-vec rapidité, préfentoient un speblacle affreux; es âpres que tous les hommes, qui lesvnontoient , étoient dispersez, par la violence du mouvement , (s jettez, fort loin commeAz ’ec des frondes, elles allaient se briser contre les murailles , ou les engins venant a lâcherP'cise, elles retomboient (f s’abîmaient dans la mer.

Passons au corbeau de Polybe, qui aurait dû prendre le devant ; mais nous avons nostassons pour le mettre après. II dit donc que Marcellus aiant fait avancer ses vaisseauxprès des murailles de la ville, Archiméde saisit tomber une main de fer attachée à unechaîne, p ar laquelle celui, qui comme un pilote , conduisit le bec de la machine , aiantsais la proue d’un vaisseau, abaiffoit Vautre bout du côté de la ville. Quand il avoitdresse le vaisseau fur la poupe, il tenoit immobile le bec de la machine ; mais alors lâchantla chaîne par le moien d’un treuil, ou d’une poulie, il falloit que quelques vaisseaux tom-bassent fur le s cotez,, que quelques autres sffent la culbute, (s que la plupart tombantde haut sur la proue, sussent submergez. es remplis d’eau es de confuson.

Si ces furieux corbeaux n’eussent paru dans le monde qu’au siège de Syracuse, &stue nous ne fussions p as q ue l es Grecs s’en étoient servis longtems avant Archiméde,comme je l’ai déja prouvé, on ne nous feroit peut-être pas une affaire de douter unpeu des effets prodigieux de ces sortes de machines ; mais ces faits font trop bien at~Tom - L L testez,