,oo HISTOIRE DE POLYBE,
rurent au secoure ; ce qui > comme je l'ai dit plus haut, produisit les trois combats.Les Romains virent le point de leur ruine’, ils touchoìent aux derniers périls, & péris-soient infailliblement, fi toutes les forces qui composât le centre de Hannon íuíTentarrivées à tems, & non par intervalles, & par parties séparées.
Rien n’empêchoit l’A mirai Carthaginois d’amuser les Romains , fans entrer dans au-cune forme decombat, & fans tenter l’abordage , qu’il redoutent si fort. Les Consulsn eussent eu garde de rompre leur ordre , trop composé & trop aisé à se confondre. Cemouvement eût été trop dangereux contre des bâtimens legers & fins de la rame , quiles eussent aisément tournez & envelopez : outre que cette disposition des Romains nepouvoit fe íoutenir , & fe conserver longtems pour peu qu’on feût pressée. Pendantqu’on eût ainsi amusé le triangle, on eût agi fur les deux lignes qui le foutenoient : carleur défaite amenoit la défaite du triangle. J e trouve un exemple dans Thucydide,qui fera la clôture de ces observations, Le qui a beaucoup de rapport à cette disposition.
àphormion , qui commandoit la flotte d’Athènes » étant parti avec vingt galères,rencontra celle' des Lacédémoniens qui tirait vers l'Acarnanie fans songer a lui , ne s'i-■maginant pas qu avec vingt galères il en osât attaquer quarante-fept ; dr comme en par-tant de fatras elle rafoit la cote , plutôt en ordre de marche que de combat , elle la vitvenir de Calcide & de la rivière d'Evéne , ou elle favoit bien qu’il ètoit arrivé la nuit ;f bien qu’elle fut contrainte de fe battre au milieu du pajfage. Chaque ville avoit fisChefs particuliers , dont ceux de Corinthe étoient , Maçon , Ificrate & Agatarquidas.Apres avoir disposé leurs gens au combat , ils fe rangèrent tous en rond , la poupe en de-dans, & s'étendirent le plus qu'ils purent pour boucher le pajfage k l’ennemi , renfermantdans leur cercle les moindres navires avec cinq galères des plus vîtes , pour être plus prêtesk courir par tout. Les vaijfeaux Athéniens vinrent a eux a la file , rasant le cercle endehors , comme s'ils eussent été a tous coups prêts a donner ; ce qui les rejferroit toujoursdavantage , filon le dejjein de Phormion , qui avoit défendu d'en venir aux mains fansson ordre , car il fi doutait bien que les ennemis ne garderoient pas leurs distances commefur terre : mais qu'en fi r e ferrant ils fe confondraient , & que les petits vaijfeaux qu ilsavoient enfermez, au milieu augmenter oient le désordre : outre que le vent , qui avoitaccoutumé de fe lever au point du jour , agiteroit leurs navires. II attendit donc ce tems-Ik pour donner , d'autant plus qu’il avoit /’avantage du vent, avec les galères les pluslégères. Larfqu’il commença donc a souffler , leurs vaijfeaux étant presque tous les unsfur les autres , & les petits entremêlez, avec les grands , a cause du vent qui les agitoit,ils vinrent a s’entre-heurter & k fi confondre , quoiqu'ils fijfent tout ce qu'ils pûjfent pourfi repoujfer avec des perches , usant de cris & d’injures , fi bien qu'ils n'entendoient nil'ordre des Chefs, ni celui des Comités í d’ailleurs comme ils étoient peu expérimentez,dans la Marine , ils ne pouvoient ni lever les rames a cause de la hauteur des vagues,ni gouverner leurs navires. Alors Phormion aiant levé le signal , les Athéniens fondirenttous en même tems , & coulant a fond d’abord une Amirale , fracassèrent ensuite lesautres par tout ou Us donnèrent, fans que pas une fi mît en défense , dans le trouble &la confusion', le reste prit la fuite vers Dyme & Fatras dans l'Achaïe; mais les Athénienss'étant mis. a leur queue , en prirent douz,e , & tuerent une partie de ceux qui étoientdejfusi Cet exemple nous doit faire connoítre que ce qui réussit à l’un est souventruineux ì-Vautre.. Si les Carthaginois se fussent contentez de raser ce triangle , ou detâcher de faire couler une file de galères entre les intervalles de celles des Romains, depasser par un des cotez, & sortir par Vautre , leurs ennemis sc fussent trouvez très-em-barassez, ou il leur fût arrivé ce qui arriva aux Lacédémoniens , fans qu’il fût besoindé vent pour y porter le. désordre. & la confusion. Il est certain que les ordres dfl
Han-