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Tome I.
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,o8 HISTOIRE DE POLYBE,

En effet Régulus parloit en maître , ôc croioit que tout ce qu’il vouloirbien accorder, devoit être reçû comme une grâce & avec reconnoiílàn-ce. Mais les Carthaginois voiant que quand même ils tomberoient enla puiílànce des Romains , il ne pouvoit rien leur arriver de plus fâ-cheux que les conditions qu’on leur proposoit , ils se retirèrent nonseulement sans avoir consenti à rien , mais encore fort offensez de lapesanteur du joug dont Régulus prétendoit les charger. Le Sénat deCarthage, fur le rapport de lès Envolez, résolut, quoique les affairesfuíïènt désespérées , de tout souffrir & de tout tenter , plutôt que derien faire qui fût indigne de la gloire que leurs grands exploits leuravoient acquise..

fît expirer cette ligue formidable. Je ne voisrien de plus mortifiant pour nos ennemis, Sc. deplus glorieux pour la France accablée de leur nom-bre. Us vouloient tout à Gertruydemberg, peus'en faut qu’ils n’aient rien à Utrecht. La paixfe fait, 8c chacun se trouve dans une égale con-dition de ruine 8c d’épuifement.

Ce qui est arrivé par la fuite, entre la. FranceLc l’Espagne, a fait voir aux Hollandois, (les au-teurs 8c les premiers mobiles de cette guerre, )qu'ils avoient mal raisonné, 8c ignoré leurs véri-tables intérêts. Qu’ont-ils faitîque changer devoisin contre un autre qui n’est pas moins re-doutable, le seul qui ait profité dans cette guer-re, 8c dont la puiílànce est fort au deslùs de cel-

le qu’avoit la France sous le régné de LouisXIV. Concluons de tout ceci, que loríqu’unennemi victorieux offre des conditions onéreusesau vaincu, 8c qu’íl veut tout avoir, il faut se ré-soudre à tout perdre. Régulus avoir écrit à Ro-me qu’z/ ttnoìt les portes de Carthage comme scel-lées par la crainte. U la regarde comme une con-quête qui ne lui peut échaper. II veut tout avoir8c ne rien perdre, 8c fait si bien par ses hauteurs,qu’il réduit ses ennemis au parti des désespérez.Us se resolvent à se sauver, ou à tout perdre. Ilsse sauvent effectivement ; le désespoir fait leur íà-lut, 8c l’orgueil de Régulus la perte de íà liberté,celle de íà gloire 8c de íà réputation, 8c la ruineentière de ion armée.

OBSERVATIONS.

Sur la bataille d’Adis

§. r.

Toly be trop concis dam l’abrégé qu'il fait de cette aBion. Importance de connohreles lieux quand on écrit l’Histoire,

P OlyBe passe fort légèrement fur cette bataille. II écarte plusieurs circonstances es-sentielles, & ces circonstances me font extrêmement regretter ce qu’il auroit pûnous apprendre d’une aétion st célébré. Car tout ce qui opéré des surprises d’armées,est très-interessant dans l’Hiftoire. Ce sónt dès morceaux qu’on ne sauroit étendre niconserver avec trop dè soin. C est, je pense, dans ces seuls cas qu’ùn Historien abre-viateur peut se permettre la liberté de s’écarter ,. & de courir au large tant qu’il lui plaît.On s’etonnera peut-être que j'ose qualifier Polybe d’Historien abreviateur ; il l’est fansdoute dans ses deux premiers Livres : car il nous avertit dès l’entrée, qu’il ne lès don-ne que pour servir d’intróduction à íà grande Histoire, On avouera pourtant' que íà

marche