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ne doit jamais oublier cette maxime, que dans tout ce qu’on entreprend de grand & dehardi à la guerre, il fuit moins considérer la difficulté que futilité. Or il est certainque dans les surprises des camps & des armées st y a peu de l’une, & beaucoup deHutte.
§. VIII.
Connoijsainces que doit avoir le Général. Le secret.
I L y a bien des choses à observer dans ces sortes de desseins, & fans lesquelles on nesauroit se déterminer à rien d’assuré. Le Général doit avoir une connoiíïànce éxac-îe des forces de l'ennemi, en quoi elles consistent, & fur lesquelles il compte le plus.La situation & la disposition de son camp, les gardes, où elles se retirent la nuit, cel-Ls qui font fixes dans certains postes avancez, lâ route des patrouilles, la nature dupais pour aster à l’ennemi, les villages, les maisons, & les défilez qui sont fur tout lefront de son camp. Si ses ailes sont appuiées à un village, à une rivière, à un bois,&c. s’ìl y a des ruisseaux , des ravins , des marais , des champs clos , desùois, des fonds, des hauteurs, des íossez, des défilez áuxf environs de son camp, ouqui coupent la communication des brigades, ou quelque partie de son armée, &c. c’estfur ces connoissances nécessaires stu’un habile Chef de guerre établit & concerte son pro-jet, qu'st s’y détermine, ou qu’il le rejette.
Dans toutes sortes d’entreprises tout dépend du secret & de la diligence. Les sur-prises d'armées sont à mon sens les plus aisées dans l’éxécution, & les moins sujettes auxac cidens inopinez. Une marche-précautionnée , intelligente & forcée, mais pourtantferrée & unie, en fait tout le mistére; car à l’égard des préparatifs, comme estes n’enJugent aucun, le secret peut être couvert d'un voile impénétrable,; & jusqu’au rho-^tent de l'exécution* Il est très-difficile que l’ennemi en puisse avoir la moindre not>^élle, ni soupçonner une surprise, si l’on ne néglige aucun des moiens dont je parleraibientôt. Quelque dépensé qú’il faste en espions, on peut fort aisément échaper à leurVigilance; Les plus fâcheux sont les transfuges qui peuvent s’échaper dans la marche;Hiais que diroìit-ils, s’ils ignorent où l’on va, & ce que l’on veut-faire? Le secret quehon est obligé de communiquer à plusieurs personnes, ests rarement un secret gardé;biais ici on peut, fi le Général le juge à propos, n’en faire part à personne; & c’est
toujours le. mieux , qu’il puisiè faire, au moins le plus tard qu’il lui soit pos-sible.
On sait que les desseins les plus aifez, comme les plus difficiles, & fur tout ceux quijont hardis & peu communs, trouvent toujours des contradicteurs. On vous pastèraespions , mais on.épuisera tous les soplìismes-militaires â l’égard des déserteurs. S’ils? e Visent rien du dessein que vous avez, parce qu’ils l’ignorent, dira-t-on, du moinsennemi saura que vous marcher, il soupçonnera quelque chose, s’il ne le devine; lesoupçon produit les précautions, & l’on se tient sur ses gardes. On alléguera encore lespartis que 1 ennemi peut avoir en campagne, autre sujet de défiance , & de martel en_te: Supposons, dira un autre tremblent, que nous échapions aux espions & aux dé--teurs, nous avons une marche à faire, & des villages à traverser; qui peut nous as-soter que quelqu’un n’en sortira pas, &qu'il ne donnera pas avis de notre marche ? Ne« r oit-ce pas une espèce de prodige, fi cela n’arrivoit pas dans un pais tout ennemi ? Voi-ç sans cloute bien des obstacles,. des difficultez' très-grandes ; & des sujets de douter dujiccez d’une entreprise si délicate: il est rare qu’un Général ne trouve pas de testes gens^ Un Conseil de guerre. Ce qu’il y a de plus fâcheux, c’est que ces sortes d’es--