LIVRE I. CHAP. VII. I 57dc cc qu’il y avoit de plus agile, fut jettée fur l’une 8c l’autre aîle avecla cavalerie.
A la vue de cette armée rangée en bataille, les Romains marchent oà-,.en bonne contenance. Les éléphans les épouvantèrent j mais pour parer ^"ro-au choc auquel ils s’attendoient, on mit au front les troupes armées à mains,la légére; derrière elles de groslès compagnies, & la cavalerie fur lesdeux ailes. De cette maniéré le corps de bataille fut moins étendu quel’on n’avoit coutume de le faire, mais il avoit plus d’épaisteur. Cetteordonnance étoit excellente pour résister au choc des éléphans ; mais el-le ne défendoit pas contre la cavalerie des Carthaginois, qui étoit beau-coup plus nombreuse que celle des Romains.
Les deux armées ainsi rangées, on n’attendit plus que le tems de char- La ba-ger. Xantippe ordonne de faire avancer les éléphans, Sc d’enfoncer lesr angs des ennemis, & en même tems commande à la cavalerie des deux & les 'ailes d’enveloper 8c de donner. Les Romains alors font, selon la coû-tume, grand cliquetis de leurs armes, 8c s’excitant par des cris de guer- 'perdent!re, en viennent aux prises. La cavalerie Romaine ne tint pas longtems,elle étoit trop inférieure en nombre à celle des Carthaginois. L’infante-rie de l’aîle gauche, pour éviter le choc des éléphans, 8c faire voir com-bien elle craignoit peu les soldats étrangers, attaque l’aîle droite desCarthaginois, la renverse 8c la poursuit jusqu’au camp. De ceux quiétoient opposez aux éléphans, les premiers furent foulez aux pieds, Scécrasez. Le reste du corps de bataille fit ferme quelque tems, à cause deson épaislèur. Mais dès que les derniers rangs eurent été entourez parla cavalerie, 8c contraints de lui faire face, 8c que ceux qui avoientpaíle au travers des éléphans eurent rencontré la phalange des Cartha-ginois , qui étoit encore en entier Sc en ordre, alors il n'y eut plus deresiòurce pour les Romains. La plupart fut écrasée fous le poids énor-me des éléphans : le reste fans sortir de son rang fut criblé des traits dela cavalerie, à peine y en eut-il quelques-uns qui échapérent par la fui-te- Mais comme c’étoit dans un pais plat qu’ils fuioient, les él ’phans 8cla cavalerie en tuèrent une partie : cinq cens ou environ qui fuioient a-Vec Régulus, atteints par les ennemis, furent emmenez prisonniers. LesCarthaginois perdirent en cette occasion huit cens soldats étrangers,quiétoient opposez à l’aîle gauche des Romains , 8c de ceux-ci il ne se sau-va que ces deux mille, qui en poursuivant l’aîle droite des ennemis, s’é-toient tirez de la mêlée. Tout le reste demeura for la place, à l’excep-tion de Régulus, 8c de ceux qui le foivoient dans la fuite. Les compa-gnies qui avoient échapé au carnage, íe retirèrent comme par miracle àAípis. Pour les Carthaginois, après avoir dépouillé les morts, ils ren-ièrent triomphans dans Carthage, traînant après eux le Général desRomains Sc cinq cens prisonniers.
Que l’on faste de sérieuses réstéxions for cet événement, il fournit cìeRéûé-.belles leçons pour le reglement des moeurs. Le malheur qui arrive ici à