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Tome I.
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,76 HISTOIRE DE POLYBE,. vveríe , elle gagna le camp à pied. Et alors le Consul Publius Glaudiusaiant convoqué les Tribuns: II est tems, leur dit-il, d’aller avec toute-la flotte à Drépane. Adherbal qui y commande les Carthaginois, n’estpas prêt à nous recevoir. II ne fait pas qu’il nous est venu du secours;& après la perte que nous venons de faire, il est perstiadé que nous nepouvons mettre une flotte en mer. Chacun approuvant ce deflèin, ilfit embarquer avec ce qu’il avoit déja de rameurs ceux qui venoient delui arriver. Pour de soldats il ne prit que les plus braves, qui, parceque le trajet n’étoit pas long, & que d’ailleurs le butin paroiflòit im-manquable, s’étoient offerts d’eux-mêmes. (a) 11 met à la voile aumilieu de la nuit, fans être apperçû des assiégez. D’abord la flotte mar-cha ramaflee & toute ensemble, aiant la terre à droite. A la pointe dujour í’avantgarde étant déja à la vûe de Drépane, Adherbal, qui nes’attendoit à rien moins, fut d’abord étonné : mais y faisant plus d’at-tention, & voiant que c’étoit la flotte ennemie, il résolut de n’épar-gncr ni foins ni peines, pour empêcher que les Romains ne l’aflìégeaí-lent ainsi haut la main. Il aflèmbla auíïï-tôt íòn armement fur le riva-ge ; Lt un Héraut par íòn ordre y aiant appellé tout ce qu’il y avoit desoldats étrangers dans la ville, il leur flt voir en deux mots combien lavictoire étoit aisée s’ils avoient du cœur, & ce qu’ils avoient à craindred’un siège si la vue du danger les intimidoit. Tous s’écriant que fansdifférer on les menât au combat, après avoir loué leur bonne volonté,il donna ordre de íè mettre en mer, & de suivre en poupe le vaiflèauqu’il montoit, fans en détourner les yeux. II part ensuite le premier,& conduit fa flotte fous des rochers qui bordoient le côté du port, op-posé à celui par lequel l’ennemi entroit. Publius surpris de voir que lesennemis, loin de íè rendre ou d’être épouvantez,íè diípofoient à com-battre , fit tourner en arriére tout ce qu’il avoit de vaifléaux, ou dansle port, ou à l’embouchure, ou qui étoient prêts d’y entrer. Ce mou-vement causa un désordre infini dans l’équipage, car les bâtimens quiétoient dans le port,heurtant ceux qui yentroient, briíòient leurs bancs,& fracafloient ceux des vaiflèaux fur qui ils tomboient. Cependant àmesure que quelque vaiflèau se débarassoit, les Officiers le faifoient auf-fi-tôt ranger près de la terre, la proue opposée aux ennemis. D’abordLe Consul s’étoit mis à la queue de fa flotte ; mais alors prenant le lar-ge, il alla fe poster à l’aîle gauche. En même tems Adherbal aiant paf-íe avec cinq grands vaiflèaux au-delà de l’aîle gauche des Romains, du

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tems après lui ? 11 feu t bien que cet Auteur l’asttrouvé quelque part. Je fuis persuadé que Polybea négligé de nous Rapprendre, faction est tropconsidérable pour Croire qu’il l ait ignoré. Diodorcdit donc que le Consuleboisit deux cens vaiflèaux»où il fit entrer tout ce qu’il y avoit de meilleur 8hommes de mer, £í l’élite des légions.

(a) II met k la voile au milieu de la nuit. ] No-tre Auteur ne dit pas exactement le nombre desvaiflèaux que Publius prit pour cette entreprise ;ll eut pourtant dû nous l’apprendre. Comme il estde tous les Historiens de son tems le plus éxact,il faut croire qu il n’eníàvoitrien. Mais d’où vientque Diodore de Sicile le íàit, qui est venu si long*