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Tome I.
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III
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PREFACE. H

loin que je n’aurois crû : je ne crains pas que l’on m’accuíè de méditerrégulièrement fur une choie , Lc de ne point prendre le change. Unhomme qui veut de la méthode & de la régularité par tout, ne la trou-vera pas par tout dans cet Ouvrage. Je fuis fi peu contraint à l’égardde mon texte, que je l’abandonne le plus souvent, & quelquefois monsujet ; de forte que mon Lecteur fe trouve tout d’un coup transportédans des lieux tout nouveaux, qui ne le diversifient pas moins que lesautres, où il íè retrouve en peu de tems pour voir de nouveaux objets,fans avoir le tems de s’ennuier ou de fe plaindre.

Qu’est-ce donc que votre Commentaire, diront quelques-uns , siVous sortez des régies prescrites aux C ommentateurs scrupuleusementliez à leur texte? Je ne faurois le définir, c’est à chaque Lecteur à pren-dre ce foin, s’il lui plaît : quelqu’un, plus heureux que je ne le íùis,créera quelque nouveau terme qui fournisse une idée plus juste & plusétendue que celle d’un Commentaire, & qui puifiè bien représenter lescourses que je fais de tous les cotez íur mille íujets d’érudition &: de re-cherches ; tout roule presque fur les faits auíquels je m’attache princi-palement , combats, batailles, sièges, marches, mouvemens générauxde toute efpéce, retraites, entrepníes grandes & extraordinaires ; en-fin tout ce qui regarde la guerre : la science du Chef comme celle detous ses membres , je l’embrafie & je la traite dans toutes ses parties,autant que j’en fuis capable. Dès qu’un fait íè préíènte, le Commen-taire s’évanouit; celui-là délafie, plaît & amuse ; on ne trouve pas moinsde variété, d’ornement, d’érudition & d’instructions dans celui-ci,c’est-à-dire dans le dogme , tout en est plein, & c’est là le but oùje vise.

Je ne pense pas que je me saisie jamais engagé à former un desièinfur un tel Système, fi je n’en avois connu la nécessité. La science deL guerre, disent nos Auteurs militaires, est assez semblable à la Géo-métrie; elle est lèche & sauvage, peu susceptible des grâces & des or-nemens de l’éloquence & des parures de l’érudition ; ces Messieurs dé-cident bien vite, comme si Xénophon, comme tant d’autres Anciens nefaiíoient pas voir le contraire; nos Auteurs modernes íècs & arides, àla façon des abréviateurs, reviendroient de leur erreur, & tiendroientUn autre langage, s’ils s’étoient mis en tête de traiter la guerre d’une ma-niéré un peu moins vague, plus étendue , & fur de meilleurs principesqu’ils n’ont fait.

Moneécuculi est un Abréviateur, est-il sec ? J’en laislè le jugementaux Experts. Je ne crois pas qu’on dise de mon Livre des Nouvellesdécouvertes fur la Guerre , ce que difoient les Dames du Menagiamfur un sujet tout différent, qu’il y pleut de l’ennui à verse. L’Ouvra-g e que je donne aujourd’hui, ne plaira peut-être pas moins , puiíqueJf l’ai composé sur les mêmes principes que le premier. II ne diffère queàns l’étendue des matières que je traite , que j’épuise & que je cou-

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