Band 
Tome I.
Seite
XXXII
JPEG-Download
 

Id. p.

( 2 . 63 .

Íd-P»

J170.

xxxij VIE DE POLYBE.

les joindre, parce qu’alors le Consul avoir heureusement terminé la plus grande partie deson expédition. II fut donc trouver Marcius, & lui montra 1e Uecret par lequel sesConcitoiens Rengagement à partager avec les Romains tous les travaux & tous les dan-gers de cette guerre. Il le fit ensuite souvenir de la promtitude & de la soumission aveclaquelle les Achéens avoient toujours exécuté les ordres qui leur étoient venus de la partdu Sénat Romain. Marcius remercia fort poliment les Achéens des offres obligeantesqu’ils íaisoient, ajoutant que pour le présent ils pouvoient s’épargner & les fatigues &les frais de cette guerre, parce que les Romains pouvoient la finir par leurs propres for-ces & fans le secours de leurs Alliez.

Ceux qui étoient collègues de Polybe dans cette Ambassade, retournèrent dans leurpatrie ; pour lui il resta seul avec les Romains, & prit part à tout ce qui se passa dansla suite; jusqu’à ce que Marcius aiant été informé qu'Appius Cento demandoit que lesAchéens lui envoiaífent cinq mille hommes dans l’Epire, il le renvoia pour avertir faRépublique de ne pas donner ces troupes à Appius, qui les demandoit fans aucune né-cessité. Polybe arrivant à Sicyone, où le Conseil se tenoit, sut assez embarassé. D’uncôté il avoir des ordres de la part de Marcius qu’il ne pouvoir pas ne point faire con-noître, & de l’autre il étoit dangereux de refuser crûment à Appius le secours qu’il at-tendoit. Pour se tirer d’intrigue, il se servit heureusement d’un Decret du Sénat, quidéfendoit que l’on eût égard à ce que demanderaient par lettres les Commandant des ar-mées, à moins qu’ils ne montrassent l’ordre du Sénat, ordre qu’Appius ne montraitpas. Par cet expédient Polybe épargna à fa nation une dépense de plus de cent mille é-cus ; mais aussi il ouvrit un beau champ à ceux qui auraient eu dessein d’indisposer Ap-pius contre lui.

L’hiver de cette année n’étoit pas encore passé, qu’il arriva dans le Péloponèse uneAmbassade solemnelle de la part des deux Ptolémées Philométor & Evergétes, pourdemander aux Achéens le secours qu’ils leur dévoient comme Alliez des Rois d’Egypte.Les sentimens dans la place furent partagez. Callicrates, Diophanes & Hyperbatone nsirouvoient pas à propos que l’on accordât ce secours; qu’en général il étoit de l’inté-rêt des Achéens de ne pas fe mêler des affaires étrangères, mais fur tout dans les circon-stances présentes, où il étoit important de ne pas diviser leurs forces, de peur de stmettre hors d’état de servir les Romains, qui ne tarderaient pas à donner une bataillegénérale à Perses, puisque Marcius avoir ses quartiers dans la Macédoine.

Là dessus on héfìtoit, personne n’osant prendre ouvertement le parti des Ptolémées»de crainte d’encourir l’indignation des Romains. Alors Lycortas & Polybe prirent I 3parole, & dirent entr’autres choses, que l’année précédente Polybe étant allé trouvetMarcius pour lui offrir le secours des Achéens, ce Consul, en le remerciant, lui avoirdit qu’une fois entré dans la Macédoine,il n’avoit pas besoin des forces des Alliez; q ueJ’on ne devoir donc pas se servir de ce prétexte pour abandonner les Rois d’Egypte;qu edans les conjonctures, où ces Princes se trouvoient, ce ferait une ingratitude extrifl^de ne leur pas prêter la main, après les bienfaits qu’on en avoir re<;ûs, & que l’on nepouvoir manquer à ce devoir, fans violer les Traitez & les sermens, fur lesquels 1’^'liance étoit sondée. Déja la multitude panchoit vers ce sentiment, lorsque Callicrates »prévoiant qu’il alloit avoir du dessous, congédia les Magistrats, fous prétexte que h sloix ne permettoient pas qu’on délibérât fur de pareilles affaires dans un marché.

Quelque tems après, à Sicyone, où le Conseil étoit assemblé, on remit la chose futle tapis. Là sc rendirent non seulement les Magistrats ordinaires, mais encore tousceuXqui étoient âgez de plus de trente ans. Polybe y aiant répété qu’il savoir de Marciusmeme que le secours des Achéens lui étoit inutile, & aiant ajouté que quand même ilferoit nécessaire aux Romains, cela ne devoir pas empêcher que la Républiquen’endon'

nat