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Tome I.
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XLIX
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A V A N T-P R O P O S.

JL est de la Colonne dans la manière de la former & de combattre-*■ dans cet ordre , comme de l'apparition des esprits. Tout le mondeen parle , & personne n'en a vu* IIy a vingt-cinq ans qu'on nefavoitce que c'étoit que Colonne , é J depuis ce tems on en parle fans savoirtrop bien ce que c'est.

On prétend que M. le T rince Eugène s'eft rangé dans cet ordre , encertaines occastons oh nous avons eu du pire , & nous dans d'autresou nos ennemis ont eu du dessous. On s'est imaginé que nous avionsimité ce fameux Capitaine dans cette méthode qu'on lui attribue : Uest toujours glorieux d?imiter les grands hommes.

Nous combattîmes y dit-on , par Colonnes à l'affaire deT) ênain y frfur les mêmes principes que ce grand homme : mais cette manière defe ranger é de. combattre , ri est pas celle que je traite ici. On ne sau-rait appeller Colonne un nombre de bataillons disposez, à la queue lesuns des autres fur quatre ou cinq de hauteur y à une distance de vingt-cinq h trente pas , c'est une Colonne de marche plutôt qu'une Colonnedans le sens que je l'entens. Si l'on a combattu dans cet esprit à T>é-nain , ce que je ne voudrois pas assurer y quoiqu'il paroisse un plan gra-vé de ce combat, ou l'infanterie est ordonnée de la forte ; supposé quecela soit , ér qu'il faille croire ceux qui me l'ont confirmé y plutôt quele Chef de l'armée , qui n'en convient point y on me permettra de direque cette méthode ne me semble pas fort bonne : je la tiens au con-traire sujette à une infinité de défauts y é par conséquent mauvaise yér dangereuse dans une affaire de rase campagne , quoiqu'elle le soitmoins dans une insulte de camp retranché.

J'aimer ois mieux combattre fur plusieurs lignes d différentes repri-ses y selon la coâtume ordinaire , par ce que les corps entrent les unsdans les autres fans trouble ér fans confusion dans des combats de cet-te nature , que de prendre celle qu'il nous a plû d'appeller Colonne . Jene vois pas ou est le merveilleux é le sensé de cette dispofìtion.

Si l'on eût combattu selon ce principe dans une bataille rangée y érnon dans une attaque d'un corps d,'armée retranché , on en eût bientôt"reconnu le foible. Tout ce que je puis dire , c'est que cette méthode mesemble très-commode pour fe faire battre en détail , les bataillons lesuns après les autres y é à mesure que ceux qui font derrière ér à laqueue succèdent aux autres qui les précédent y & qui viennent d'êtrebattus.

Le premier battu & en dêroutey les fuiards fe renversent furlese-c ondqui le soutient y ér ils y portent le trouble é la confusion: Urneparoît que cela doit arriver y é arrive toujours. C'est tout comme fiTom. I. g l'on