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Tome I.
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LVII
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DE LA COLONNE.’ Ivìj

attaque seroít d’autant plus dangereuse » que la section F peut donner de tête contre lecorps qui attaqueront, & qui lui prête le flanc.

Si l’ennemi tombe en même tems fur les deux faces de la gauche , il se trouveexposé aux mêmes difficultez & aux mêmes dangers , ne pouvant s’engager en G,sins essuier tout le feu de M , de la section E & de F. Voilà un avantage quine se trouve point dans le quarté , ni dans quelque évolution ou figure que cesoit.

Je veux que cette Colonne soit investie , envelopée, & choquée de tous cotezpar un corps de trois ou quatre mille hommes rangez selon la méthode d’aujour-d'hui; croit-on que cette Colonne unie & serrée, & ne faisant qu’une seule massebien ordonnée , restera immobile & lans action dans un terrain libre comme lequarté lorsqu’il est environné ? Ce seroit lui refuser & lui dérober ses propriétésnaturelles , qui consistent dans la force & la violence de son choc , dans la vitesse& la célérité de ses mouvemens, de ses changemens, & de ses différentes manoeuvresen présence de l’ennemi , & pendant le cours même d'un combat, dans la simpli-cité de fa figure qui se rompt & se remet dans un instant sans peine & lans con-fusion. Joignez à cela qu’elle s’accommode à toute forte de situations de terrain,dans les plaines comme dans les païs couverts, embarrassez & ravineux, montagneux& de défilez, & dans les insultes de postes & de camps retranchez. Elle combatavec les mêmes avantages par tout , & plus dans les lieux resserrez & de défilezque dans les autres. Car dans ceux qui peuvent à peine contenir deux ou troisbataillons de plus , ou dans des trouées , où quelquefois des armées entières sontobligées de se former sur un très-grand nombre de lignes, où à peine six ou sept ba-taillons peuvent combattre de front, on peut au moins leur opposer les quatorze Co-lonnes A , c’est-à-dire le double de bataillons aux sept de l’ennemi B , qui remplitl’ouverture de la trouée par plusieurs lignes redoublées ; de forte que ces vingt-six Co-lonnes rangées fur deux lignes, sont en état de culbuter & de battre un nombre triplede bataillons rangez fur plusieurs lignes ; n’est-ce pas là une évidence palpable ? Carquel est le bataillon qui pourra résister & soutenir contre le choc d’une Colonne , &à plus forte raison contre deux ? Je ne prétens pas feulement que ces Colonnes attaquentles bataillons minces ; mais ma méthode est que les Colonnes de la seconde ligne C,passent en même tems entre les intervalles des Colonnes de la première A , & tombentfur la seconde B.

Je ne m’arrête pas au reproche que l’on fait ì la Colonne de donner prise sur elle,par l’excès de foiblesse des cotez qui deviennent plus longs & plus minces. Car querépondre à un tel reproche, sinon ce qu’Ajax répondit à Vénus : Allez, la guerre n estsas votre métier , mêlez.-vous de la faire naître. Peut-on en effet appeller excès de foi-bleffe est cotez, longs est minces , un corps de 24. ou de 30. files de tête à queue fur46. de profondeur ? Si ce corps se trouve attaqué par une de ses faces, Pennemi doitst résoudre à affronter & à pénétrer 24. rangs, c’est-à-dire un corps dont les files desfaces font de 24. de hauteur. Où est donc cet excès de faiblesse? Où sont ces câtez,minces ? Mais quelle est la nature des corps qui attaqueront cette Colonne tour à tour,& à différentes reprises? Ce ne peuvent être que des bataillons ordonnez , armez , &disposez selon la façon d’aujourd’hui, sur quatre ou cinq de hauteur. Ne seroit-cepas une espèce de prodige en matière de lâcheté, si des files de 24. hommes se laissoientei tsoncer & pénétrer par de files de cinq tout au plus ?

Je suppose que ces bataillons en bon nombre environnent & envelopent cette Colonnede toutes parts , ou plusieurs ensemble ; combattant sur un tel principe, ils ne tien-nent rien : car cinq hommes de file auront alors affaire à douze ou à quinze à chaque

Tarn. /. b face.