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Tome IV.
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rs HISTOIRE DE POLYBE,

sermens. Mais il faut avouer qu’au tems où ils conclurent le Traitépour la Sardaigne , ils n’avoient ni cause ni prétexte plausible de susci-ter une seconde guerre aux Carthaginois. II est de notoriété publique,que ce fut contre la foi des Traitez que l’on força les Carthaginois ,dans des circonstances fâcheuses, de sortir de la Sardaigne, & de paierle tribut énorme dont nous avons parlé. En vain les Romains objectentque leurs Marchands furent maltraitez en Afrique pendant ìa guerre dessoldats mercénaires. Cette faute étoit pardonnée, depuis que les Ro-mains aiant reçu des Carthaginois dans leurs ports, ils leur avoient re-mis par reconnoiíìànce & fans rançon tous les prisonniers Carthaginoisqu’ils avoient chez eux.

C H A P I T R E VI.

Lequel des deux peuples eft cause de la seconde guerre Tunique. Rai-sons de part & d autre. Utilité de V Histoire. Avantages dduneHistoire universelle sur une particulière.

I L nous reste à examiner fur qui , des Romains ou des Carthaginois ,l’on doit rejetter la guerre d’Annibal. Nous avons vû ce que diíòientceux-ci pour fe justifier. Voions maintenant, non pas ce que difoientrles Romains de ce tems-là, car ils étoient alors si outrez du sac de 8a-gonte ,• qu’ils nepenfoient point aux raisons qu’on leur prête aujourd’huismais ce que ceux de nos jours ne cesient de répéter. Ils disent doncpremièrement, que les Carthaginois avoient grand tort de ne faire nulcas des conventions faites avec Asdrubal: qu’il n’en étoit pas de ceTrai-té-là comme de celui de Lutatius, où l'on avoir ajouté, shVilseroitauthentique & inviolable , fi le peuple Romain le ratifiait} au lieuqu’Asdrubal avoit fait le sien avec pleine autorité: que ce Traité por-toit en termes exprès, (sue les Carthaginois ne passer oient pas à mainarmée au-dela de ÍEbre. II est vrai, comme l’aílurent les Romains ,que dans le Traité fait au sujet de la Sicile, il étoit porté: Que les Al-liez, des deux Nations seroient en sûreté chez l'une comme chez Vau-tre , & que par ces Alliez on ne doit pas seulement entendre ceux quil’étoient alors, comme le prétendent les Carthaginois. Car on auroitajouté : Que Von ne seroit point d'autres Alliez que ceux que Von a-voit déja; ou bien : Qiie les Alliez que Von seroit après le Traité ,n'y étoient pas compris. Puis donc que l’on ne s’est exprimé ni de l’uneni de l’autre façon , il est évident que les Alliez des deux Etats, soitprésens, soit à venir, dévoient chez l’un & l’autre être en sûreté. Celaest d’autant plus raisonnable, qu’il n’y a pas d’apparence qu’on dût con-clure