Band 
Tome IV.
Seite
33
JPEG-Download
 

livre III. CHAP. VII. zz

cuîe. L*Asie contient tout le païs qui est entre le Nil & le Tanaïs, 8cfa situation par raport à l’Univers est entre le Levant d’été 8c le Midi.L’Afrique est entre le Nil 8c les Colonnes d’Hercule , sous cette partiede l’Univers qui est au Midi 8c au Couchant d’hiver jusqu’au Couchantéquinoxial, qui tombe aux Colonnes d’Hercule. Ces deux parties con-sidérées en général occupent le côté méridional de la mer Méditerranée,depuis l’Orient jusqu’au Couchant.

L’Europe, qui leur est opposée, s’étend vers le Septentrion , & oc-cupe tout cet espace depuis l’Orient jusqu’au Couchant. Sa partie laplus considérable est au Septentrion entre le Tanaïs 8c Narbonne, la-quelle au Couchant n’est pas fort éloignée de Marseille , ni de ces em-bouchures du Rhône, par lesquelles ce fleuve se décharge dans la merde Sardaigne. C’est autour de Narbonne jufqu’aux monts Pyrénéesqu’habitent les Gaulois , depuis la Méditerranée jusqu’à l’Ocean. Lereste de l'Europe depuis ces montagnes jusqu’au Couchant & aux Co-lonnes d’Hercule , est borné partie par notre mer 8c partie par la merextérieure. Cette partie qui est le long de la Méditerranée jusqu’auxColonnes d’Hercule, c’est l’Espagne. Le côté qui est sur la mer exté-rieure ou la grande mer, n’a point encore de nom commun, parce quece n’est que depuis peu qu’on l’a découvert. II est occupé par des na-tions barbares, qui sont en grand nombre, 8c dont nous parlerons enparticulier dans la fuite. Or comme personne jusqu’à nos jours n’a pûdistinguer clairement si l’Ethiopie , où l’Asie 8c l’Afrique se joignent,8c qui s’étend vers le Midi, est un continent ou est environnée de lamer : nous ne connoiflòns non plus rien de l’espace qui est entre leTanaïs 8c Narbonne jusqu’au Septentrion. Peut-être que dans la flûteà force de chercher nous en apprendrons quelque chose. Mais tousceux qui en parlent ou qui en écrivent, on peut hardiment aíïurer qu’ilsparlent 8c écrivent fans savoir, 8c qu’ils ne nous débitent qué des fables.Voilà ce que j’avois à dire pour rendre ma narration plus claire à ceuxqui n’ont aucune connoistance des lieux : ils peuvent maintenant ra-porter ce qu’on leur dira aux différentes parties de la terre, en se réglantfur celles de l’Univers en général. Car comme en regardant on acoutume de tourner le visage vers l’endroit qui nous est montré ; demême en lisant il faut se transporter en esprit dans tous les lieuxdont on nous parle. Mais il est tems de reprendre la fuite de notreHistoire.

Tome IV.

E

CHA-