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deur Sc pour la forme, au Delta d’Egypte, avec cette différence néan-moins , ou’un des cotez du Delta est fermé par la mer, où fe déchar-gent les fleuves qui ferment les deux autres, & que ce font des monta-gnes presque inaccessibles qui bornent un des cotez de i’Isse.
Annibal trouva dans cette Ifle deux frères, qui armez l’un contre l’au-tre fe difputoient le Roiaume. Le plus ancien mit Annibal dans ses in-térêts , Sc le pria de lui aider à fe maintenir dans la posteflion où il é-toit. Le Charthaginois n’hésita point, il voioit trop combien cela luiferoit avantageux. 11 prit donc les armes , & fe joignit à l’aîné pourchasser le cadet. II fut bien récompensé du secours qu’il avoit donnéau vainqueur. On fournit à son armée des vivres Sc des munitions enabondance. On renouvella ses armes, qui étoient vieilles & usées. Laplupart de ses soldats furent vêtus, chaussez, mis en état de franchirplus aisément les Alpes. Mais le plus grand service qu’il en tira , futque ce Roi se mit avec ses troupes à la queue de celles d’Annibal , quin’entroit qu’en tremblant dans les terres des Gaulois nommez Allobro-ges , Sc les escorta jusqu’à l’endroit d’où ils dévoient entrer dans lesAlpes.
II avoit déja marché pendant dix jours , Sc avoit fait environ huit Les Al-cens stades de chemin le long du fleuve; déja il fe difpofoit à mettre leAbrogespied dans les Alpes , lorfqu’il se vit dans un danger , auquel il étoit ^ àtrès-difficile d’échaper. Tant qu’il fut dans le plat pais, les Chefs des pièges.Allobroges ne l’inquiétérent pas dans fa marche, soit qu’ils redoutassentla cavalerie Carthaginoise, ou que les Barbares, dont elle étoit accom-pagnée , les tinssent en respect. Mais quand ceux-ci se furent retirez,
& qu’Annibal commença d’entrer dans les détroits des montagnes, alorsles Allobroges coururent en grand nombre s’emparer des lieux qui com-muait dosent ceux par où il falloit nécessairement que l’armée d’AnnibalPassât. C’en étoit fait de son armée , fl leurs pièges eussent étéplus couverts : mais comme ils fe cachoient mal , ou point dutout , s’iis firent grand tort à Annibal , ils ne s’en firent pas moins àeux-mêmes.
Ce Général averti du stratagème des Barbares , campa au pied des î 1 ]eurmontagnes , Sc envoia quelques-uns de ses guides Gaulois pour recon-^^L-noître la disposition des ennemis. Ils revinrent dire à Annibal que pen- vecdant la nuit ils se retiroient dans une ville voisine. Aufu-tôt le Cartha-ginois dresse son plan sur ce rapport, il fait en plein jour avancer son niquearmée près des défilez , il campe assez proche des ennemis. La nuit ^ ^venue , il donne ordre d’allumer des feux , laisse la plus grande partiede son armée dans le camp , &c avec un grand corps d’élite il perce lesdétroits & occupe les postes que les ennemis avoient abandonnez. Aupoint du jour les Barbares se voiant déportez , quittèrent d’abord leurdessein -. mais comme les bêtes de charge Sc la cavalerie , serrées da nsces détroits, ne suivoient que de loin , ils saisirent cette occasion pour
fondre