LIVRE III. CHAP. XI.
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OBSERVATIONS
Sur le combat d’Annibal contre les Allobroges desAlpes Cotiennes.
§• I.
Qu'm nomme les vailes de trois noms différent. Quel f eut être F endroit oh Annibalfut attaqué far les Allobroges des hautes montagnes. Ordre de bataille des deuxarmées.
|L est difficile de pouvoir bien déterminer l'endroit où se passa cette grande actionentre Annibal & les Allobroges. La connoissance que j'ai des lieux, me feroit croi-re que ce Général fut attaqué entre Sezanne & le mont de Sestriéres. Le rocher, oùPolybe dit qu’Annibal passa une nuit si triste , se trouve là comme sait exprès , &existe encore. Ce pas de montagne est très-dangereux & très-propre à illustrer un Gé-néral qui voudroit le défendre ; parce que peu de monde suffit pour arrêter les plusgrandes armées , à cause que les hauteurs qui le bordent ne fournissent aucune issuepour s’en dégager : si l’ennemi en bouchant la sortie est attentif à en fermer l’entrée, &que Von n’ait pas la prévoiance de la ftire garder, comme il est arrivé plusieurs fois auxRomains. On se souviendra des fourches Caudines & de la valée de la Hache , oùAmilcar Barcas enferma les Rebelles d’Afrique , en se saisissant de Ventrée. On doithien observer, lorsque je parle de valécs, qu'on les nomme de trois noms différens,stue les montagnars distinguent fort bien. Celles qui servent de lit aux torrens, fontdes valées proprement dites, parce qu’elles font plus ouvertes que les autres, & que leschemins font ordinairement dans le fond. Celles qui ont de Veau , ou qu’on prendVers la source de ces torrens , iont seulement regardées comme des détroits. Celles qui® e fervent de passage à aucun torrent , & qui font creuses, fans néanmoins renfermeraucune plaine , & qui fournissent un assez long espace de chemin entre deux montagnes,, e n °mment gorges. Quant à ce qu’on appelle col ou pas , ce font des passages très-^troits, où l’on est obligé de défiler fur un petit front, fans pouvoir prendre à droit &* Souche par les revers de montagnes & des sentiers détournez. Les Anciens apelloient5® derniers Portes. T elles sont celles des portes Caspiennes , qui font rrès-célébres dansHistoire d’Alexandre le Grand, dans la retraite des dix mille , & dans un grand nom.re d’Historiens. Cette digression, qui m’a paru nécessaire , m’a un peu écarté de maMarche ; mais nous allons la reprendre.
'A~ C combat d’Annibal contre les Allobroges, peut être mis au rang de ceux qui dé-Went du salut ou de la ruine entière d’une armée Annibal se vit réduit aux plus gran-es extrémitez. Jamais marche ne fut plus environnée de périls & de pièges , qui seî^tiplioient à chaque pas que ce grand Capitaine faisoit. Le pais lui étoit absolumentsteonnu, st ne faisoit jamais un pas qu’il ne craignît au centième en-delà. II avoir éga-^nient à craindre à la tête comme à la queue de son armée & fur les flancs de fa marche,^ eto 't là le plus dangereux.
out ce q Ue ce Oénéral avoir à faire, étoit de se rendre maître du sommet des mon-° S st Ul dominoient fur la marche , & d’aller de hauteur en hauteur à mesure qu’on
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