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Tome IV.
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LIVRE III. CHAP. XIIÍ. iop

donner les Gaules , bien moins dans le dessein de secourir le Languedoc , que pourfe tirer promtement d’un pas si dangereux & gagner le Daupliiné , il tire de ce

côté-là.

Vercingentorix , qui le íuivoit en queue avec toutes ses forces, ravi d’avoir réduitles Romains à cette extrémité, assemble les Colonels de fa cavalerie; ,, leur dit que le« tems de la victoire étoit arrivé ; que les Romains abandonnoient les Gaules pour se>> retirer dans leur province, ce qui fuffifoit présentement pour leur liberté ; mais qu’ilíalloit les défaire pour leur ôter à jamais l’efpérance du retour , parce qu’autrement ils" reviendraient avec de plus grandes forces , & ne cesseraient jamais de les harceller.

" Qu’il étoit donc d’avis de les attaquer dans la marche , parce que s'lis abandonnoient» leur bagage, ils perdraient l’honneur & le moien de subsister ; & s’ils se vouloient" défendre, ils ne pourraient ni avancer ni reculer, & seraient contraints de demeurer» en même lieu. Pour leur cavalerie, il dit qu’il ne falloit pas croire qu’elle eût la har-» diesse seulement de se détacher du gros de l’armée ; & que pour donner plus de cou-" rage aux siens, & plus de terreur aux ennemis , il rangerait son infanterie en batail-

" le.Le lendemain Vercingentorix fait trois gros de fa cavalerie , dont les deux

" viennent fondre fur les ailes , & l’autre attaquer l’armée de front dans fa marche.

" César partage fa cavalerie en trois à son exemple, & l’envoie contre P ennemi- On se)5 bat en même tems de tous cotez , l’infanterie fait halte , & range en dedans tout le3 > bagage; lorsque la cavalerie de César a du pire , elle tourne tête de ce côté-là : ce»3 qui rend le courage aux siens, & arrête la poursuite des Barbares. A la fin les Alle-3 > mans gagnent le haut d’une colline, qui étoit fur la droite , & après avoir chassé les3 , Gaulois, les poursuivent jufqu’à la rivière , où Vercingentorix étoit en bataille avec33 son infanterie. Le reste de la cavalerie votant la fuite des siens, se retire de peur d’être»3 envelopé. On remporte la victoire par tout. Vercingentorix, voiant toute sa cava-3 > lerie rompue , sait rentrer son infanterie dans son camp au même ordre qu’elle étoit »33 & sc retire vers Alexia, que César assiège.

La saute du Général des rebelles est infiniment plus grossière que celle de Scipion.Celui-ci se trouvoit dénué & éloigné d'une marche de son infanterie , qui n’étoit pas àportee de le secourir à tems; au lieu que Vercingentorix eût pû faire avancer la sienne»

‘ exemple de son ennemi, qui la fait avancer , & soutient ainsi une arme par l’autre.S' e ft à quoi le Gaulois ne pensa jamais, quoique son infanterie fût à portée , & se faitattre lorsqu’il est en état d’entrer dans un engagement général » ou de rentrer dans son£ aiïl P 3 fans que cette disgrâce pût tirer à conséquence. Elle fut pourtant la cause demalheur & de fa retraite insensée. 11 dépendoit absolument de lui , comme je l’ai3 de tenter une action générale, ou de rester dans son poste ; & ce parti, qui étoitce 'ui qu’il s’étoit proposé, étoit le meilleur pour ruiner l’armée de César , qui se retí-roit en hâte hors des Gaules , faute de subsistance & de places, qui s’étoient déclaréesj?? tre lui, & où il avoit établi ses magasins & le siège de la guerre. Epouvanté d’ur.e- ‘‘gtace qui ne pouvoit avoir aucune mauvaise suite , il se retire I la tète d’une armée^ombrable, qui n’a point combattu , pour s’aller enfermer dans une place & s’y fairel eger , lorsqu'il pouvoit tenir la campagne. Scipion ne se trouve pas assuré derrièreri* grand fleuve comme le Pô. Que fait-il ? J’y reviens encore pour faire voir l'énormett] se de ce Général, il va se couvrir d’un méchant ruisseau guéable par tout, lorsqu’il^ ntoiens de réduire son. ennemi à l’absurde.

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