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Tome IV.
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rz§ HISTOIRE DE POLYBE,

les terres à la tête de son armée , qu’il avoir déja grossie de beaucoupd’Espagnols devenus ses Alliez , à mesure qu’il avançoit dans le pais,tantôt il recevoir dans son amitié , tantôt il prenoit par force les villesqui se rencontroient sur sa route. A Ciíïè, Hannon à la tête d’un corps

do

néceflàire pour un fi grand projet : le relie csependdu courage 8t de la hardiesse , 8c je íuis persuadéqu’on manque plutôt de l’un 8c de l’autre que desmoiens 8c de l’esprit.

Les diversions qui lèvent un peu la tête au-dessus des communes font rares ,. il faut que jel’avoue. Le Comte-Duc d’Olivarez s'en étoitmis une en tête en 1637. qui me donne une fortgrande idée de son esprit 8c de son génie. Ondira tout ce qu’on voudra , elle n’étoit pas íànsfondement. On me permettra , je m’assûre, derapporter un peu au long ce qu’un Historien (a)nous en apprend. Ce Ministre F.ípagnol s’imagi-na qu’en attaquant diverses Provinces de la Fran-ce, ,, Philippe forceroit Louis XIII. à retirer„ des Païs-Bas une partie de ses troupes; que Sa», Majesté Catholique profiteroit du mécontente-», ment presque général des peuples, 8c qu’à la fa-„ veur de cette diversion le Cardinal Infant 8c les„ Généraux de l’Empereur pénétreroient bien a-,» van t dans la Picardie , dans la Champagne 8c„ dans la Bourgogne.. Quelque spécieux que fût„ ce projet, les gens habiles 8c pénétrans en re-», connurent l’illuíion : quelques-uns remontrèrent», au Comte-Duc qu’en attirant les forces princi-n pales de la France dans les endroits les plus foi-», blés de la Monarchie d’Espagne , le Roi íòn», Martre se verroit bientôt dans la nécessité de-, r.tppeller ses meilleures troupes 8c ses plus ex-», cellens Officiers au cœur de ses Etats attaquez,», 8c donneroit moien au Roi de France , capable„ de mettre plus d’une armée fur pied, 8c aux„ Etats Généraux' des Provinces-Unies de faire,, des progrès considérables dans les. Païs-Bas, pen-», dant que Louis se tiendro.it ailleurs fur la déíen-„ sive , 8c avanceroit peut-être du côté de la„ Guienne 8c du Languedoc. L’inutilité des dé-„ penses excessives de l’année derniere devoit dé-„ goûter la Coutr de Madrid d une pareille entre-» prise.

L’Auteur que jc cite , qui prétend imiterTacite, réussit souvent fort mal. Ce projet duComte-Duc d’Olivarez , qu’il appelle spécieux ,n’étoit rien moins que ce qu’il dit. Voilà com-me les esprits timides 8c trop fins font échouerles desseins les mieux fondez 8c les. plus capa-bles de nous tirer des plus grands embarras. IIn’y avoit qu’à entrer dans le pais, ils étoient a-lors^ maîtres des passages des Pyrénées. Louisíè fût trouvé le plus surpris du monde , il eûtenvoie ses principales forces dans la Guienne 8cdans le Languedoc ; qui en doute? Cette défen-

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sive est imaginaire. J.amais l’armee de Louisn’eût pû tenir la campagne contre le CardinalInfant, infiniment supérieur, encore moins con-tre celle de l’Empereur. Le Roi étoit en étatde lever plus d’une armée, je l’avoue; maisuneavmee ne se léve pas dans une campagne, ilfaut remettre la partie à la suivante, 8c pendanttout ce te ms-là l’Espagnol étoit en état de fairetout ce qu’il lui plaisoit dans un pais où le mé-contentement étoit général.

L’Auteur n’y pense pas, lorfqu’il dit que l'Esspagnol se seroit attiré les forces principales de-là France dans les endroits les plus fossiles deP Espagne ; qui lui a dit cela ? Cette frontièrenous étoit impénétrable en ce tcms-là , 8c lespassages des Pyrénées fermez par de bonnes pla-ces 8c par des pas très-difficiles. L’inutilìtédes depenfes excessives de la campagne précédentepour une irruption en Guienne , devoit dégoûter laCour de Madrid d’une pareille entreprise. C’estmal raisonner : une entreprise échouée par la sot-tise de ceux qui en ont été chargez, n’est pasune preuve qu’une autre échouera. Parlons sin-cèrement , çe projet du Ministre Espagnol étoitd’un habile homme; íçavoir s’il eût trouvé desgens capables de l’exécution > comme nous eneussions trouvé. Si nous nous étions mis en tê-te une diversion par mer beaucoup plus sûre 8cplus profonde pendant le cours des deux guer-res de i< 388 . 8c dans la dernière guerre de 1701.c’est une autre affaire. Pour nous dans cesdeux guerres nous étions en état de suivre lamaxime de Scipion , on l’avoit dit ou propose.J’ai de la peine à me le persuader pour l’hon-neur du Ministère. Nous devions puissammentagir en France. On le fit autant qu’il dépen-doit de ceux qui étoient au. timon des affaires;mais cela ne íuffifoit pas pour tarir les sourcesqui fournissoient à nos ennemis toutes les res-sources pour la continuation de la guerre, 8c furtout dans la dernière, qui faillit à nous accabler.Ces ressources étoient dans les Indes. On n’ajamais voulu comprendre qu’on eût pû fort ai-sément ruiner le commerce des Anglois 8c desHollandois dans ce païs-li , non seulement encouvrant les deux mers de nos Corsaires, en leurabandonnant toutes les prises qu’ils feroient >íàns que l’Amirauté ni qui que ce soit y pûtrien prétendre; mais encore en mettant en Cor-saires tout ce que nous avions de vaisseaux deguerre, 8c pour cacher ce dessein les envoler endifférens ports, où ils eussent armé. Ils se fus-sent tous donnez un rendez-vous à certain en-droit pour se partager ensuite , une partie fur