2.04 HISTOIRE DE POLYBE,
tems & lieu il pût fe servir de la machine de la religion & des fourberies de ses Prêtrespour animer ses soldats à bien faire en certaines occasions , où cette machine est d'uneefficace & d’une force extraordinaire. Ce bon Roi logeoit toujours dans les Templesde ses Dieux. Dans ses conversations les termes des dévots de ce tems-là , la craintedes Dieux, la morale la plus sévére , tout cela y étoit fourré : on l’eût pris pour unSaint, mais il ne le fut jamais que dans la théorie. Les plus éclairez & les voisins deLacédémone , voioient bien qu'il ne l’étoit guéres, & particulièrement les Thébains.11 leur fit un coup d’un franc fourbe , du moins on l’accuse d’avoir induit Phébidas àsurprendre la citadelle de Thébes en pleine paix. Toute la Gréce fe récria contre unesi méchante action. Mais il ne s’en embarrassa pas, il continua toujours à être dévot.Quel dévot ! le plus bel extérieur du monde. Et quand on lui réprésenta la perfidie dela fraude de Thébes, il dit que c’étoit une très-mauvaiíe action selon les Dieux ; maisil la trouve bonne & juste si elle fait l’avantage & Pagrandissement de Lacédémone. Acela près, ami jusqu’aux Autels en tant qu’homme ; mais comme Souverain , il feraautant de fermens que vous voudrez, il rompra les Traitez les plus folemnels fans aucunscrupule. II lui suffit que tout cela serve à augmenter sa puissance & le bien de sespeuples.
§. V.
Des précautions qu'on doit observer dans la marche des détroits de montagnes. Ou o*doit faire exaâement reconnaître les hauteurs & les revers. Ordre de marche felot 1les principes de l’Auteur. Ordre de bataille , fi l'on efi attaqué dans la marche dftous cotez,.
>^"Ous allons traiter dans ce Paragraphe des embuscades d’armées, & des précautionsqu’on doit prendre pour s’empêcher d’y tomber. Je traiterai cette matière selon mafaçon de penser , sans m'écarter non plus de mes principes que je ferois d’une chosereçue du consentement de toute la terre , par l’évidence qui les fait voir clairement A'd’une certitude mathématique , fans que nulle prévention puisse tenir la campagneseul moment. Je n’ai garde d’épuiser la matière. Je.ferois excessivement long , &je n’ai nul dessein de Têtre : car mon Auteur me fournirf assez d’occasions de la repren-dre & de la traiter dans lès cas & ses faces différentes ; & s’il y a peu d’exemples dansles Historiens modernes de ces ruses admirables & profondes , c’est que les Anciensétoient plus admirables & plus profonds dans la science des armes quemes, puisque nous n’avons ni principes ni système. II ne faut pas ensi je dis la vérité il ne faut pas qu’on me blâme de ce que j'avance icien propre personne.
Je ne nierai pas qu'il ne se trouve dans nos Historiens des exemples d’un éclat me 1 'veilleux fur les embuscades générales & fur les précautions ; mais elles s’y trouventloin à loin, que pour les observer, il saut d’excellentes lunettes, & j'ai un très-grandplaisir de les voir près-à-près chez les Anciens. Que l’on ne se fâche pas si je les révélssi fort, & si je rends à ces grands hommes une espèce de culte, fans préjudice de cefo 1que je crois dû à plusieurs grands Capitaines modernes. Que ceux qui vivent n’e* 1 'gent pas de moi que je les nomme : car tel qui prétendrait avoir bonne part à ce culte»íê trouverait fans difficulté n’y en avoir aucune : je hais trop les mauvais procédez Ala vengeance des esprits vains.
' Si l’on fait bien réflexion fur les événemens extraordinaires, & les batailles que l’^ u '
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nous ne le for 11 'être surpris , ^c’est l’évidence