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Tome IV.
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2.14 HISTOIRE DE POLYBE,

leur goût pour les spctacles font leurs plus sérieuses occupations. Ce sont ordinaire-ment les petits Maîtres, gens efféminez & très-corrompus, qui infectent les Cours desPrinces, & plus dangereusement les armées , de cette belle morale. Ils cherchent àjustifier leurs vices par ceux de quelques paillards illustres , ce qui les rend encore plusméprisables : car ces grands hommes qui en ont été accusez , étoient ornez d’une infi-nité de belles qualitez qui ne faisoient aucun équilibre avec leurs défauts & leur vices,beaucoup moins grands, & q u'ils sçavoient très-bien remettre à une autre occasion lors-qu’ils pouvoient nuire aux affaires, où leurs vertus étoient nécessaires ; ils y renonçoientíans nul effort & si absolument, qu'on étoit tout surpris de les voir tout autres : vigi-lans, laborieux, tempérans , supportant également les devoirs & les fonctions militairesavec autant de constance & d’exactitude que le moindre de leurs soldats , & cela fansaucun relâche. Leurs beaux côtez paroissoient tout à découvert , pas une ombre deleurs vices. Montgommeri, si brillant par tant de belles actions en fa vie, étoit unhomme de cette trempe. Brantôme nous le donne fur le pied d’un débauché Scd’un voluptueux. „ Mais quand il avoit le cul fur la selle , dit-il , c’étoit le plus„ soigneux & le plus vaillant Capitaine qu’on eût sçû voir Les petits Maîtres,abandonnez à toutes sortes de débauches, car il y en a de tout âge, sont-ils accu-sez d’être ainsi mélangez, ou espérent-ils qu’ils. le seront pour mettre en oeuvre lesvertus dont ils manquent absolument? Les exemples ne leur fervent de rien, & l’a-pologie qu’ils font de leurs débauches ne sert qu’à les rendre incorrigibles , & à

avancer la perte entière de leur honneur : car si ces exemples rendoient les vices per-mis dans les armées, en attendant qu’on produisît sur la scène les vertus & les talensqu’on n’a pas, il n’y auroit plus de vices au monde.

Ces hommes, plongez dans les déréglemens les plus honteux , & qui espèrent defaire un jour comme tant d’autres grands Capitaines , qui ont laissé leurs passionsdéréglées à la Cour ou à la ville , pour ne faire usage que de leurs vertus à far-inée , s’imaginent que ce mélange de vices & de vertus se trouve en eux commedans les autres , & qu’ils feront tout comme ces grands hommes ont fait : qui leleur a dit? La plupart de ces jeunes voluptueux en France, en Allemagne, & pres-que par tout, n’ont jamais vû la guerre. Il y a fort peu de vieux Colonels à htête des corps de cavalerie & d’infanterie. Cette jeunesse , dont une bonne partieest fort mal morigénée , fans nulle application & fans autre foin que celui de sesplaisirs, se trouve à la tête de ces corps, qu'elle ne volt qu’une fois Tannée. Celledes Puissances de l’Europe qui aura fait un meilleur choix , & exercé perpétuelle-ment ses troupes, encouragé les Officiers à tenir bon.par des récompenses, & songeà enflammer Témulation par tout ce qui peut T entretenir, emportera la balance à Vpremière guerre, & trouvera qu’elle aura beaucoup gagné en les répandant à propos-Elle ne doit pas craindre de se ruiner en récompensant la vertu militaire : la paix ne brend que trop rare, & c’est en dégoûter que de la priver des grâces dont elle est digne*Revenons à nos Capitaines mêlez de bon & de mauvais.

Croit-on qu’ils soient en très-grand nombre ? Il y en a si peu , qu’on seroit toutsurpris du catalogue de ceux qui ont tous leurs vices fans avoir une ombre de leutsvertus. Princes & Généraux d’armées , les uns se sont vus détrônez avec honte , 011ont péri misérablement. On n’a qu’à lire THistoire des Empereurs pour en avoir debonnes nouvelles , & celle de certains Généraux corrompus & abandonnez à toutes sot-tes de vices ; des Héros à table & dans le lit, lâches & poltrons dans leurs armées , s uleur arrivoit d’y aller, timides même à cent lieues loin de T ennemi , dans leur Cour SCdans leurs Conseils , ou ils n’appellent ordinairement que les gens qui leur ressemblent-Quelle liste l’Egypte & T Asie ne nous fourniroient-elles pas , & Rome elle-mênae-