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Tome IV.
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LIVRE III. C H A P. XVII. u<

lies valet S de pied des Princes des Provinces tnarchoient ci la tète de P attisée , continueI 4 Auteur, Bénadad aiant envoié voir ce que c' étoit , on lui vint dire : ce font des gensqui font jortis de Samarie. II ait a ceux qui lui parlo:cnt : soit qu'ils viennent pourtraiter de la paix, soit qu ils viennent pour combattre , prenexs-les tous vifs. U n’étoitpas fort aisé de se failli' d'une telle Ambassade , composée de sept mille deux cens tren-so-deux hommes , qui marchent contre une armée fans Chef, & où il n’y en avoir pasUn seul qui fût sain d’esprit & de jugement. Bénadad ordonne en yvrogne, il fe trou-ve tout d’un coup attaqué & forcé dans son camp , & obligé à quitter la table

pour s’cnfuir.

Ces têtes à vin , non pas telles que celles de Bénadad-, mais telles que celles dontj’ai parlé, qui laissent là la bouteille lorsque l’état de leurs assures les dispense d’en faireusage, ne sont pas toujours aisées à surprendre à k tête d’un armée. Comme ils sententjeur défaut, ils se précautionnent d’avance; outre qu’il est rare qu’ils ne soient pas tou-jours les premiers à attaquer ou à exécuter des entreprises extraordinaires. 'Fel étokPhilippe, qui s’y engageoit souvent dans les faisons & les tems les plus fâcheux & lesplus difficiles. Presque tous les Généraux abandonnez à l’yvrognerie, ont toujours de-vancé les surprises, & pensé à surprendre leurs ennemis eux-mêmes ; ce qui faisoit qu’ilscntreprenoient rarement fur eux, les croiant toujours fur leurs gardes. Cela ne prouvepas qu’il ne s’en soit trouvé un plus grand nombre qui se sont vûs attaquez lorsqu’ilss’y attendoient le moins , & dans un tems où ils n’étoient point en état de faire usagede leurs lumières & de leur jugement.

La conjuration de Thébes est célébré dans l’Histoire : elle n’étoit fondée que furl’yvrognerie & l’intempérance de ceux qui commandoient dans 1a ville , & les conjuresprirent si bien leur tems, qu’ils les égorgèrent au milieu de leur repas, lorsqu’ils étoient-presque tous yvres.

Boursault n’y prend pas garde lorsqu'il fait l’éloge du Maréchal de Rantzau. „ L’y--, vrognerie, qui est un vice détesté des honnêtes gens , dit-il , étoit une espèce do-, vertu à feu le Maréchal de Rantzau par le bon usage qu’il en Içavoit faire. Il ne„ montrait jamais plus de courage que lorqu’il avoit bien bû ”. Voilà une plaisante%on de louer un homme tel que ce Général. II étoit donc tout autre s’il n’avoit prisdu vin avec excès, & fans cette machine il étoit hors d’état de rien faire. Nous sça~v ons le contraire, & que son yvrognerie lui a joué de fort mauvais tours, & fait man-quer de bonnes occasions. Si cet Auteur avoit dit qu’une certaine doze de vin échauf-fait son esprit & le mettoit en mouvement, comme cela se remarque en certaines gens,qui n’ont jamais plus d’esprit & de raison que lorsqu’ils en ont une pointe, fans laquelleNn & l’autre font endormis, il louerait fans doute le Maréchal, & le vin pris modes-tement seroitune vertu en.lui; mais ihétoit brave fans cela. Ce qu’il dit ensuite eststès-vrai , & servira de supplément aux remarques que j’ai faites fur les Générauxk° r gnes , aveugles , manchots & bossus. Celui-ci , si l’on en excepte la bosse^ l’aveuglement , étoit tout cela , & même. plus mutilé qu’aucun autre, ancien.

Moderne.

„ Peut-être depuis que l’on faitla guerre, continue P Auteur , n’y en a-t-il eu aucun5v Plus mutilé qu’il l’étoit ; & ce qui lui manquoit, étoit ce qui publioit fa gloire. 11** n ’avoit qu'un bras, qu’une jambe, qu’un œil, qu’une oreille , en un mot il n’avoit

qu’un de tout ce qu’un homme peut avoir deux : & ce grand homme n’en étoit" P°ur ainsi dire, que la moitié d’un. Cette difformité , qui faisoit la moitié de fa

Vle , fit aussi la moitié de son épitaphe qu’on a dressée à son tombeau, & qui mérite.

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