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Tome IV.
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LIVRE III. CHAP. xx. LZ-

monter par les soldats de l’armée de terre qui étoient les plus propresau íèrvice de mer ; puis aiant mis à la voile, après deux jours de navi-gation depuis Tarragone , il aborda aux environs des embouchures debEbre. Loríqu’il fut à environ dix milles de l’ennemi , il envoia deuxfrégates de Marseille à la découverte, Car les Marseillois étoient tou-jours les premiers à s’exposer, & leur intrépidité lui fut d'un grand se-cours. Personne n’étoít plus attaché aux intérêts des Romains, que cepeuple , qui dans la fuite leur a souvent donné des preuves de ionsection, mais qui se signala dans la guerre d’Annibal. Ces deux fré-gates rapportèrent que la flotte ennemie étoit à l’embouchure de l’Ebre.hur le champ Cnéius fit force de voiles pour la surprendre. MaisAídrubal informé depuis longtems par les sentinelles que les Romainsa Pprochoient, rangeoit íès troupes en bataille fur le rivage, & donnoicses ordres pour que l’équipage montât fur les vaisseaux. Quand les Ro-mains furent à portée , on sonna la charge, & aufli-tôt on en vint auxmains. Les Carthaginois soutinrent le choc avec valeur pendant quel-que tems ; mais ils plièrent bientôt. La vue des troupes , qui étoientfur terre, fut beaucoup moins utile aux soldats de l’équipage pour leurinspirer de la hardiesse & de la confiance , qu’elle ne leur Rit nuisible,en leur faisant espérer que c’étoit pour eux une retraite aisée , en casqu’ils enflent du dessous. Après avoir perdu deux vaifléaux avec l’é-quipage , & que quatre autres eurent été désemparez , il se retirèrentVers la terre. Mais poursuivis avec chaleur par les Romains , ils Rap-prochèrent le plus qu’ils purent du rivage ; puis sautant de leurs vais.seaux , ils se sauvèrent vers leur armée de terre. Les Romains avan-cèrent hardiment vers le rivage , & aiant lié à barrière 4 c leurs

v aiíìeaux tous ceux des ennemis qu’ils purent mettre en mouvement, ilsmirent à la voile , extrêmement satisfaits d’avoir vaincu du premierchoc , de s’être soumis toute la côte de cette mer , & d’avoir gagnévingt-cinq vaisseaux. Depuis cet avantage les Romains commencèrentà mieux espérer de leurs affaires en Espagne.

Quant on reçut à Carthage la nouvelle de cette défaite , on équipaEìxante-dix vaisseaux : car on ne croioit pas pouvoir rien entreprendrequ’on ne fût maître de la mer. Cette flotte cingla d’abord en Sardai-gne , & de la Sardaigne elle vint aborder à Pise en Italie , où l’on esPéroit s’aboucher avec Annibal. Les Romains vinrent au-devant avechx-vingts vaisseaux longs à cinq rangs: mais les Carthaginois informezMs étoient en mer , retournèrent à Carthage par la même route,^vilius , Amiral de la flotte Romaine , les poursuivit pendant qud-flue tems dans l’espérance de les combattre ; mais il avoir trop dechemin à faire pour les atteindre. D’abord il fut à Lilybée , dç là ilPassa en Afrique dans l’Iíle de Cercine, d’où après avoir fait paiercontribution aux habitans , il revint fur ses pas, prit en passant l’Isle

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