Band 
Tome IV.
Seite
267
JPEG-Download
 

LIVRE III. CHAP. XXI. í 6 7

sentir quel seroit le zélé 6c Rattachement de la nation Espagnole, fi pareux elle pouvoit recouvrer íès otages, il promit de les leur mettre entreles mains. A cette promesse Publius est transporté de joie , il prometau traître de grands présens , 8c lui marque le jour , l’heure & le lieuoù l’on l’attendroit. Abilyx ensuite prend avec lui quelques amis,

6c retourne à Bostar. II en reçoit les otages, fort de Sagonte pendantla nuit pour cacher fa route , paíse au-delà du camp des Romains , serend au heu dont il étoit convenu , 6c livre tous les otages aux deuxScipions. Publius lui fit l’accueil le plus honorable , 8c lc chargea deconduire les enfans chacun dans leur patrie. II eut cependant la pré-caution de le faire accompagner par quelques personnes de confiance.

Dans toutes les villes que parcouroit Abilyx , 6c où il remettoit les éta-ges, il élevois jufqu’aux cieux la douceur 6c la grandeur d’ame.des Ro-mains , 6c oppofoit à ces grandes qualitez la défiance 6c la dureté desCarthaginois ; 6c ajoutant à cela qu’il avoit lui-même abandonné leurparti, il entraîna grand nombre d’Eípagnols dans celui des Romains.

Bostar , pour un homme d’un âge avancé , paíìà pour avoir donnépuérilement dans un paneau si grossier, 6c cette faute le jetta ensuitedans de grands embarras. Les Romains au contraire en tirèrent detrès-grands avantages pour l’exécution de leurs desseins-, mais commela saison étoit alors avancée , de part 6c d’autre on distribua les ar-mées dans des quartiers d’hiver. Laissons là les affaires d’Efpagne , 6cretournons à Annibal.

Ce Général averti par ses espions , qu’il y avoit quantité de vivres àib»!aux environs de Lucérie & de Géranium, Lc que cette dernière villeétoit propre pour y faire des magasins, il choisit là ses quartiers d’hi- ses quar-ter : 8c paslant au-delà du mont Livourne, il y conduisit son armée. ^ d a e u 'Arrivée à Géranium , qui n’est qu’à environ un mille de Lucérie, il Gér U -tâcha d’abord de gagner les habitans par douceur, 6c leur offrit même nIum -des gages de la sincérité des promesses qu’il leur faifoit. Mais n’enétant point écouté, il mit le siège devant la ville. II s’en sit bientôtouvrir les portes, 6c paíìà tous les assiégez au sil de l’épée : la plupartdes maisons Lc les murs , il les laissa dans leur entier , pour en fairedes magasins pour le quartier d’hiver. II fit ensuite camper son arméedevant la ville , Lc fortifia le camp d’un sosie & d’un retranchement.

De là il envoioit les deux tiers de son armée au fourrage , avçc ordre àchacun «Rapporter certaine messire de bled à ceux qui étoient chargezde le ferrer: la troisième partie de ses troupes lui fervoit pour la gar-de du camp , Lc pour soutenir les fourrageurs en cas qu’ils fussentattaquez. Comme ce pais est tout en plaines , que les fourrageursétoient fans nombre, Lc que la saison étoit propre au transport desgrains , tous les jours on lui amasiòit une quantité prodigieuse debled.

Ce-

L1 x