Xív T R E’ F A C E.
qu’il fut le dernier des Grecs, comme-Aratus le dernier de leurs hom-mes d’Etat: car l’on voit par la conduite de ce Préteur des Achéens,qui attira les armes de Philippe dans la Gréce, qu’il étoit plus habiledans la politique Sc à former un projet de guerre qu’à l’exécuter lui-même, puisqu’il ne réussit presque jamais tant qu’il commanda les ar-mées de fa République.
Le quatrième Livre de mon Auteur commence par le combat deCaphyes. Pour nous faire comprendre que le succès des grandes en-treprises dépend bien moins du hazard que de la bonne conduite, ilprend foin de nous donner le caractère d’Aratus, ses bonnes & sesmauvaises qualitez, moins propre à commander Sc à exécuter lui-mê-me, qu’à conseiller Sc à former un projet de campagne. Cela se peutremarquer dans les premières Observations de ce cinquième Volumefur la journée de Caphyes, où Aratus avoir íì bien disposé les chosesque la victoire ne pou voit lui échapper, s’il eût marqué plus de con-duite 8c de prévenance dans l’attaque de l’arriéregarde des Etoliens dansun défilé de montagne, & s’il eût marché avec la plus grande partie deses forces. J’ajoute au portrait de ce grand homme d’Etat ce que monAuteur en dit dans ce qui nous reste de lui , Sc j’emprunte des autresHistoriens mille choses de ses grandes qualitez comme de ses défauts :car bien qu’il en eût, il étoit moins homme que les autres, c’est-à-direqu’il étoit plus parfait pour en avoir moins. Ses fautes à l’égard de laguerre me fourniísent l’occasion de traiter Pattaque d’une arriéregarded'armée dans un détroit de montagnes , Sc de donner les différen-tes méthodes de combattre dans ces lieux resserrez. Cette partie dela guerre, dont les principes n’étoient pas aísez développez, est dé-montrée selon ma coutume ordinaire, c’est-à-dire mathématiquement,par les plans des ordres de bataille que je fournis avec tout le foin dontj’aiété capable. Je I’ai dit plusieurs fois, les exemples des grands hom-mes persuadent souvent mieux que les préceptes : c’est pour cela queje donne une exacte relation de la bataille de Senef, dont M. le Prin-ce remporta toute la gloire: je dis toute la gloire, car jusqu’ici cettejournée avoit pasté pour fort équivoque, chacun des deux partis s’enétant attribué le succès. La plûpart croient encore qu’elle ne fut niperdue ni gagnée, ce qui n’est pas vrai ni possible. II faudroit, pourque cela arrivât, que chacun des deux partis eût laiíse le champ debataille: ce qui ne paroît pas dans nos Relations ni dans celles desAlliez.
Après ces premières Observations on trouve celles fur la Musiquedes Anciens, dont mon Auteur fait un grand article. J’en donnel’origine, ses effets, l’usage qu’ils en faisoient, Sc jusqu’où les Grecs& les Romains pondèrent cet art admirable -, mais l’on ne voit pas queleurs instrumens le fuísent beaucoup. Je passe de là à celle de la sur-prise