HISTOIRE DE POLYBE,
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i’armée auroit couru grand risque d’être taillée en pièces. Telle fut lafin du combat donné proche de Caphyes.
Quand les Mégalopolitains eurent avis que les Etoliens étoient cam-»pez proche de Méthydrion, ils s’aíîèmblérent en grand nombre auson de la trompette , 8c vinrent pour secourir les Achéens : mais lecombat s’étoit donné la veille, 8c au lieu de combattre les ennemisavec des gens qu’ils croioient pleins de vie, ils ne servirent qu’à leurrendre les derniers devoirs. Aiant donc creusé un foíîe dans la plainede Caphyes, ils y jettérent les morts avec toute la religion que cesmalheureux pouvoient attendre d’Alliez tendres 8c affectionnez.
Cet avantage inespéré que les Etoliens avoient remporté par lemoien de leur cavalerie 8c de leurs armez à la légére, leur donna lieude traverser impunément le Péloponèse. Ils eurent la hardieslè d’en-treprendre fur la ville de Pélléne, ils ravagèrent les terres des Sicyo-niens, 8c enfin se retirèrent par PIsthme. Voilà la cause 8c le motifde cette guerre des Alliez, 8c son commencement fut le de-cret que ces Alliez aíïèmblez à Corynthe firent à la persuasion dePhilippe.
OBSERVATIONS
Sur le combat de Caphyes.
§■ r-
Les fias grands talens font inutiles à, l'homme , s'il n'y joint la connaissance de Im-mense. CaraBére d'Aratus Préteur des Achéens.
I L est aísez ordinaire aux grands génies, aux grands hommes d’Etat, qui ont desvertus éminentes & des qualitez extraordinaires pour bien & sagement gouvernerles peuples, de se laisser aller peu à peu à une tròp grande opinion d’eux-mêines, dese croire capables de tout, & de s’imaginer que tout leur rit pendant qu’ils sortentde leur sphère, qui pour être grande, ne laisse pas que d’être bornée par d’autres,où il est dangereux d’entrer. On s’y égare souvent, & l’on y trouve de grands su-jets d’humiliation, qui nous apprennent à nous mieux connoître, toujours aux dé-pens du Prince que l’on sert, ou de la République que l’on gouverne. Dieu distri-bue à chacun plus ou moins une certaine portion de vertus & de talens, bien entenduqu’on n’ira pas au-delà, & qu’on se maintiendra dans ces bornes. Aratus se croioitcapable de tout entreprendre. Nous avouerons pourtant qu’il avoit des qualitez é-minentes qui le mettent au rang des plus grands politiques de son tems. Polybe,qui le connoissoit très-bien, nous en fait le portrait d’après nature: encore ne l’a-t-il
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