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Tome V.
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LIVRE IV. CHAP. II ,j

que dix-sept ans, & cependant on voit, non pas fans admiration, que dans un âge fítendre ce Prince a fçû choisir pour son conseil, & démêler parmi les plus éclairez defa Cour, celui qui Íiirpassoií les autres en sagesse & en expérience tant dans les affai-res de la guerre, que dans celles du gouvernement. Bien qu’Aratus fût étranger»Philippe ne fe repentit pas d’avoir fait un si bon choix, & de l’avoir admis dans sonConseil. Cela marque une sagesse qui devance l’âge. Aussi dut-il à ce grand Po-litique la gloire de son expédition contre les Etoliens, qui fut conduite avec toutl’art possible- Polybe a cité quelque part dans son premier Livre un Vers d’Homè-re , où il dit qu’un bon avis fait autant d'honneur à celui qui le fuit qu’à celui quile donne. Hérodote a eu la même pensée, & Tite-Live l a tirée de l’un des trois.

On pourroit raisonnablement appliquer ces éloges d’Aratus, & le choix admirable.d’Antigonus, comme celui de Philippe, à Louis XV. dans un cas assez semblable& du même âge que le dernier. II a été assez prudent & assez éclairé, pour procu-rer le bonheur de ses peuples, en honorant de fa confiance & en mettant au timondes affaires un autre Aratus (c), qui nous gouverne avec tant de sagesse, de désin-téressement, & avec des intentions si droites & si pures. II. pourroit dire de ce der-nier ce que disoit Antipater de Démosthéne, qu’avec un Ministre austr incorrupti-ble que celui-là il parviendrait à la véritable grandeur, & deviendrait invincible.„ Nulle passion en lui, dit-il, que l’amour de la patrie, nul but que le service de„ V Etat & le bonheur des peuples. Quel besoin dans la conjoncture présente d’urv,, homme de ce caractère, pour entendre cette voix de liberté qu'étouffe l'éternel» bourdonnement des adulateurs âmes oreilles! J’ai sait ce parallèle avec plaisir, &fans être suspect de flatterie je rens justice à la vertu par tout où je la rencontre, &je me fais également un mérite & une gloire de la louer fur la croix, ou dans l’op-preffion, dans son état même le plus abject & le plus misérable, comme dans ía plusgrande pompe. Je me fuis peut-être un peu trop arrêté fur le caractère d’Aratus ;mais il fait une si grande figure dans l'Histoire de mon Auteur, que j’ai cru quemes Lecteurs ne feraient pas fâchez que j’ajoutasse quelque chose au portrait qu’il'en fait, outre qu’il a été la source & l'origine de plusieurs grands événemens égale--ment glorieux & ruineux à fa patrie.

§. II.

Réflexions fur la défaite d! Aratus.

I L ne fera pas inutile, ce me semble, de faire une réflexion sur le narré de Posy-be, avant que d’entrer dans l’examen de cette action de Caphyes. Bien qu’on nepuisse contester à ce grand Historien la gloire d’un excellent Ecrivain dans la descrip-tion qu’il fait des combats, q U ’il peint en Maître, il s’embarasse pourtant quelque-fois , dn moins il me paraît ainsi car il fe peut bien que le blâme que je lui donnene soit pas toujours légitime. Un terme qui offrira différens sens dans le Grec, oules termes militaires sont la plupart équivoques, peut n'être pas rendu selon Vidée queV Auteur y attache ; ce qui est capable de confondre tout le sens d’un passage, & d^E rendre presque inintelligible. Cela arrive souvent aux plus habiles Traducteurs, &» ceux mêmes qui entendent le mieux les matières. Dans la description du com-bat qui fait le sujet de ces Observations* les paroles du texte me paraissent un

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(c) Le Cardinal de TcUury.