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HISTOIRE DE POLYBE,
„ plus gais , qui les mettent en de tels mouvemens qu’on les prendroit pour des,, foux.
L’Auteur anonyme de qui j'emprunte bien des faits musicaux, & dont POuvrageest tout plein d’érudition , cite de ThéophraRe , qu’Athenée & Aulugelle donnentRpur garant (a) , qui assure que de son tems les Thébains avoient coutume de guérir Utjciatique & l’épilepse par le s,n d'une flatte.
Quoiqu’on en dise , je suis persuadé que la Musique peut beaucoup fur les mauxde Pâme, & qu’clle est très-capable d'exciter ou de calmer les passions ; ce qui mon-tre le grand pouvoir du son ménagé avec art. Ecoutons Montagne là-deffus. ,, Les„ Médecins tiennent, dit-il (b ) , qu’il y a certaines complexions qui s’agitent par,, aucuns sons & instrumens jusqu’àda fureur. J'en ai vu qui ne pou voient ouir„ ronger un os fous la table fans perdre patience , & n’est guéres d’homme qui ne se,, trouble à ce bruit aigre & poignant que sont les limes en raclant le fer : comme à.,, ouir marcher près de nous , ou ouir parler quelqu’un qui ait le passage du gosier,, ou du nez empêché , plusieurs s’en émeuvent jusqu’à la colère & à la haine. Ce„ flutteur protocole de Gracchus, qui amolissoit 8c roidissoit & contournoit la voix„ de son Maître lorsqu’il haranguoit à Rome ; à quoi servoit-il, si le mouvement„ & qualité du son n’avoit force à émouvoir & altérer le jugement des Auditeurs?„ Vraiment il y a bien dequoi faire si grande fête de la fermeté de cette belle piéce ,„ qui fe laisse manier & changer au branle & accidens d’un si léger vent.
Ceux qui disent que la Musique est le vrai incendiaire de l’amour , & qu’elle peutmême appaiser les douleurs , je dis plus guérir certaines maladies , révent-ils?Non certainement : ceux qui font piquez de la tarentule ne mourroient-ils pas fansle secours de l’harmonie & de la danse? Car l'on ne guérit pas autrement , P har-monie aiant une très-grande affinité avec l’ame. Il n’est pas incroiable qu’elle puis-se produire des effets furprenans fur certaines maladies qui viennent de grands cha-grins , de grandes disgrâces ou de mélancolie. Combien d’exemples Pantiquité nenous fournit-elle pas de certaines guérisons procurées par P harmonie & les charmesd’une belle voix? Vous verrez que la Musique , si elle arrive jamais à fa perfec-tion, fera peut-être un jour partie de la Médecine , la ruine des Apoticaires & lafortune des Musiciens, comme le Mercure celle des Chirurgiens. Si quelque Mé-decin qui aura bien & profondément étudié cet art avec des talens propres à la com-position, s’attache à la recherche & à la découverte d’une Médecine toute musicale,par le moien de certains airs, de certains tons , & d’instrumens propres pour la gué-rison de certains maux fur lesquels il jouera ou chantera Pair qui conviendra à cha-cun ; ce qui rétablirait infailliblement la réputation du Père Kirker, accusé d'ajoutersoi à bien des sornettes, particulièrement touchant l’opinion où il est du grand pou-voir de la Musique , & de la vertu occulte de certaines chansons & de certains tonsconnus des Anciens. Encore une fois, je m’imagine que ce Médecin Musicien fe-rait des merveilles & des cures surprenantes. II ne faut pas espérer qu’aucun de laprofession mette jamais la Musique en œuvre & l’ordonne fur ses malades, la Facul-té ferait absolument désertée; du moins ces Meffieurs-là devroient-ils Pappliquer furla goutte, puisqu’il n’y a point de remede contre ce mal. Mais ils n’ont garde dele faire. Car si l’on venoit à s’appercevoir que l’harmonie fut capable de guérir cet-te maladie, ils craindraient qu’on ne vînt à reconnoitre que son pouvoir s'étend furtoutes les autres.
Mais voici bien d’autres merveilles des effets de P harmonie , assurément c’est un
re-
(a) Athin. I . 4. c. 14. Aul. Gtll. 1 . 4. c. 13. v b) Montag. L ». eh. n,