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LIVRE IV. CHAP. VI. 49
te, Bionidas, & un grand nombre d’autres Citoiens. Polyphonte 8cquelques autres prévoiant les fuites de cette affaire, se retirèrent sage-ment vers Philippe. .
Aussitôt après ce massacre, les Ephores qui en avoient été les prin-cipaux auteurs, envolèrent à Philippe pour íè plaindre de ceux quiavoient été tuez, 8c pour le prier de ne pas venir à Lacédémone quele soulèvement n’y fût appaisé, & que tout n’y fût tranquille; qu’ildevoir être persuadé qu’ils feroient pour les Macédoniens tout ce quela justice 8c l’amitié demanderoient d’cux. Ces Députez rencontrèrentPhilippe proche du mont Parthenion, & suivirent exactement leursinstructions. Philippe après les avoir entendus, leur dit de retourneren diligence chez eux, 8c de dire aux Ephores qu’il alloit continuer íaroute 6c camper à Tégée, Lc qu’ils envoiaslènt incessamment des gensde poids 8c d’autorité pour délibérer ensemble sur ce qu'il y avoir àfaire. Ceux-ci retournèrent chez eux, selon l’ordre que îe Roi leur a-voit donné, 8c firent connoître ses intentions. Aussitôt les principauxde Lacédémone envolèrent dix Citoiens à Philippe, lesquels etant ar-rivez à Tégée, 8c admis dans le Conseil du Roi, Ogias à leur tete,ils commencèrent par faire le procès à Adimante, promirent à Philip-pe de garder exactement le Traité d’alliance fait avec lui, 8c Rassurè-rent qu’il n’avoit point d’amis qui embrassassent ses intérêts avec plusde chaleur 8c d’affectíon que les Lacédémoniens. Après ce discours 8cquelque autre semblable ils prirent congé.
Le Conseil du Roi se trouva fort partagé. Quelques-uns informezde la sédition qui s’étoit excitée à Lacédémone , 8c sçachant qu’Adi-mante n’avoit été tué que parce qu’il tenoit pour les Macédoniens, 8cque d’ailleurs les Lacédémoniens avoient eu dessein d’appeller les Eto-liens, conseilloient à Philippe de faire un exemple de ce peuple, 8cde le traiter comme Alexandre avoit traité les Thébains austitôt qu’ilfut monté fur le trône de Macédoine. D’autres plus anciens direntque la faute ne méritoit pas une punition si rigoureuse, qu’il falloitchâtier ceux qui étoient la cause de la sédition, les dépouiller de leurscharges, 8c en revêtir ceux qui étoient attachez au Roi.
Philippe répondit à tout cela d’une maniéré fort prudente 8c fort ju-dicieuse, fi cependant l’on doit croire que la réponse vînt de lui. Çaril n’est guéres vraisemblable qu'un jeune homme de dix-sept ans ait étécapable de porter son jugement fur des affaires de cette importance.Mais un Historien doit toujours attribuer les décisions à ceux qui sontà la tête des affaires, sauf à ses Lecteurs de juger que les conseils, furcfquels les décisions sont fondées, viennent de ceux qui sont auprèsu ^oi, 8c surtout de ceux qu’il admet à ses délibérations. 11 est très-
pro able que ce que le Roi prononça pour lors, c’étoit Aratus qui I elui avoir suggéré. ? > ?
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