§L histoire de polybe,
impunis » ou qu’en se vengeant ils paíseroient pour avoir les premierscommencé Ja guerre. Cette Lettre reçue, les Chefs des Etoliens, quise flattoient que Philippe ne viendroit pas, prirent jour pour venirtrouver le Roi à Rhios. Puis fur l’avis qu’il étoit arrivé, ils lui firentíçavoir par une Lettre qu’avant l’Aísemblée du peuple, ils n’avoientpas droit de rien décider par eux-mêmes fur les affaires d’fctat. Pourles Achéens, ils confirmèrent le Decret dans une Assemblée à Egion,& ordonnèrent par un Héraut de courir fus aux Etoliens. Le Roi vintà ce Conseil; il y fit une long discours, qui fut parfaitement bien re-çu, Sc on lui renouvella toutes les protestations d’amitié & de fidélitéqui avoient autrefois été faites à ses ancêtres.
Vers le même tems, les Etoliens assemblez pour le choix des Ma-gistrats, donnèrent la Préture à ce Scopas, qui avoit été la cause detous les maux que nous avons rapportez. Je ne fçai que dire d’un pa-reil procédé. Ne point faire la guerre en vertu d’un Decret public,mais aller en corps d’armée ravager les terres de ses voisins ; ne pointpunir les auteurs de ce trouble, mais au contraire leur donner les pre-mières charges, rien ne me parois plus méchant Sc plus odieux. Carcomment pourroit-on qualifier autrement cette conduite? Un exemplerendra le tort des Etoliens plus sensible. Quand Phébidas, par trahi-son , fut entré dans la citadelle de Thébes, les Lacédémoniens se con-tentèrent de punir fauteur de la perfidie, & laissèrent la garnison dansìa place. Etoit-ce a fiez pour réparer l’infulte, que de châtier celuiqui f avoit faite ? II étoit cependant en leur pouvoir de chaíser la gar-nison , Sc il étoit de l’intérêt des Thébains qu’elle fût chaslee. De mê-me du tems de la paix faite par Antalcidas, ils publièrent qu’ils laií-soient les villes en liberté, Sc qu’ils leur permettoient de se conduirepar leurs loix, fans cependant en retirer les Gouverneurs qui y étoiencde leur part. Après avoir ruiné les Mantinéens leurs amis Sc leurs al-liez, à les entendre, ils ne leur avoient fait aucun tort en les tirantd’une ville pour les disperser dans plusieurs, N’est-ce pas une folie Scune folie jointe à une méchanceté noire que de vouloir, que tout lemondé soit aveugle, parce que l’on fait semblant de fermer les yeux.Cette conduite à peu près semblable dans les deux Républiques, attirade grands malheurs fur l’une Sc fur l’autre, Sc ceux qui voudront biengouverner, soit leurs affaires particulières ou les affaires générales, sedonneront bien de gardé de les imiter.
Philippe après avoir réglé les affaires des Achéens, reprit avec sonarmée la route dé Macédoine pour faire au plutôt les préparatifs de Ia>guerre. Ce Prince par le Decret dont nous avons parlé, se fit beau-coup d’honneur non seulement parmi les Alliez, mais dans touteJa Gréce , Sc l’on conçut de grandes espérances de fa douceur Sc de fagrandeur, d ame.
Tou-