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Tome V.
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LIVRE IV. CHAP. XIII.

§. vu.

Exemples remarquables de surprises de villes.

O N sçait que dans toutes sortes d’entreprises tout dépend du. secret & de la dili-gence. César excelloit dans ces deux points, & chacun y peut exceller com-me ce grand homme: car l’un & l’autre dépendent de nous ; mais il faut encore yajouter Tordre & la distribution de chaque arme, & que chacune se trouve dans faplace en arrivant, & dans Tordre fur lequel Ton veut attaquer ou entrer par intelli-gence car cela regarde autant les surprises des villes que celles des armées. Il faut ungrand art dans celles-ci, je Tavoue, & cet art n’est guéres connu: car il est bien plusaisé de mouvoir une armée & d’en ordonner la marche pour agir & donner en sui-vant , qu’un corps de troupes auprès d’une place, & il ne laide pas d’y avoir autantd’art dans l’un que dans l’autre : car la guerre a des principes si certains & si evidens,qu’ils ne sçauroient être contestez de personne, que par des gens d’un esprit prévenu,& qui rapportent tout à T expérience pour justifier leur peu d application ; mais lesgens habiles & appliquez n’ont garde d’en convenir. J’avoue que la cavalerie n’est pasabsolument inutile dans les surprises des places ; mais dans la marche il faut que 1 in-fanterie fasse k tête de tout, & surtout la nuit, qui est le tems le plus propre, & leseul qu’on doive choisir pour T exécution, & les nuits d’hiver font encore plus favora-bles, & surtout lorfqu’il s’agit de surprendre une place considérable, & il saut ungrand tems pour disposer toutes choses avant que le jour nous surprenne, outre lalongueur du chemin: car quand il n’y auroit que T espace d'une demie marche, onpeut demeurer court, & Ton remarque que la plupart échouent par pur retardementaprès être arrivez ; ce qui fait qu’ils sont découverts & obligez de retourner d’où ilsfont venus. On conclut delà que l’entreprise étoit mal fondée, & Ton se trompepresque toujours, comme Tite-Live nous T assure. Le retardement, dit-il, peutfaire passer pour téméraire une entreprise très-sage, en la saifànt avorter. Quant à cequi regarde le secret dans la marche, pour empêcher Tennemi d’en avoir la moindreNouvelle, on suivra la méthode que j'ai proposée dans les Volumes précédens. Al'égard des surprises d’armées, je n’en comtois point de meilleure; mais quant à cel-ks sor les villes, la méthode en est un peu différente, bien que le principe soit parsou t le même.

Les entreprises fans aucune intelligence avec ceux du dedans sont ordinairement lesplus sures. Celle fur la ville d’Ulm, capitale de la Suabe, le 8. Septembre de Tan-née 1702. en est une bonne preuve. L’éxemple en est remarquable. Peut-etre mesera-t-il permis de le rapporter , bien que T Auteur (a) soit accusé d’avoir furieuse-soent puisé dans les gazettes ; ce qui n’est pas un défaut'auffi grand que Ton s’imagi-,1e ; mais comme un Officier des troupes de TEmpereur qui étoit dans la ville, m’aEté que je puis à cet égard-là ajouter foi à cet Historien, je vais rapporter lelait.

M. de Bavière aiant été informé que la ville d LJlm n’étoit pas la chose du monde“ Plus difficile à surprendre, n’eut garde de négliger un coup de cette importance.V ì r "- que de s’embavauer dans cette, entrent vie, il jugea^a propos d envoler ,, un

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-kvant que de s’embarquer dans cette entrenMe, P P

" Offi c S er déguisé dans la ville, qui Taiant reconnue du cote dc la poite

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(a) Limiers, n;ft. (k Lo:lh XJK