154
histoire de polybe,
chapitre xv.
Dorimaque fait ‘Prêteur des Etoliens , ravage l’Epire.Marche de Philippe . Déroute des Eléensau mont Apeaure.
V Ers cetems-là Paul Emile, après avoir subjugué l’Illyrie, entratriomphant dans Rome. Ce fut aussi alors qu’arriva la prise deSagonte par Annibal, après laquelle ce Capitaine distribua ses troupesen quartiers d’hiver. Quand on eut appris cette nouvelle à Rome,on envoi a des Ambaíîàdeurs à Carthage pour demander Annibal, &en même tems on se disposa à la guerre, en créant pour Consuls Pu-blius Cornélius & Tibérius Sempronius. Nous avons déja dit quelquechose de tout cela dans le premier Livre. Ceci n'est que pour rafraî-chir la mémoire de ces faits, & pour joindre ensemble ceux qui sontarrivez vers le même tems. Ainsi stnit la première année de la centquarantième olympiade.
Le tems des Comices étant venu, les Etoliens choisirent pour Pré-teur Dorimaque. II ne fut pas plutôt revêtu de cette dignité, qu’il semit en campagne, & ravagea le haut Epire avec la dernière violence,moins pour son intérêt particulier que pour chagriner les Epirotes. Ar-rivé à Dodone, il mit le feu aux galeries du Temple, dissipa les pré-sens qui étoient suspendus, & renversa le Temple même. On ne con-noît chez ce peuple ni les loix de la guerre, ni celles de la paix. Toutce qui leur vient en pensée, ils l'exécutent sans aucun égard ni pour ledroit des gens, ni pour les loix particulières. Après cette belle expé-dition Dorimaque retourna en Etolie.
L’hiver duroit encore, & personne dans une saison si fâcheuse nes’attendoit à voir Philippe en campagne, lorsque ce Prince partit de jLaristè avec une armée composée de trois mille Chalcaípides, de deuxmille fantassins à rondaches, de trois cens Candiots, & de quatrecens chevaux de fa fuite. 11 passa de Theííàlie dans l’Eubée, de là à ‘Cyne, puis traversant la Béotie & les terres de Mégare, il arriva àCorinthe fur la sin de l'hiver. Sa marche fut si promte & si secrète,que les Péloponnésiens n’en eurent aucun soupçon. A Corinthe il sitfermer les portes, mit des sentinelles fur les chemins, sit venir de Si-c yonc le vieux Aratus, & écrivit au Préteur & aux villes d’Achaïe,pour leur faire sçavoir quand 6c où il falloit que les troupes se trouvas-sent sous les armes. II partit ensuite, & alla camper dans le pais desPîiHasiens proche Dioscore.
En même tems Euripides avec deux cohortes d’Elëens; des pirates
&