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Tome V.
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LIVRE V. CHAP. I. ìo 5

fer de l’autorité que íòn ancienne faveur lui donnoit sur les peuples,qu’enfin le Roi dénué de tout se vit réduit à mettre en gage fa vais-selle, & à vivre fur l’argent qu’on lui prêta.

Quand les vaisseaux furent assemblez, & que les Macédoniens scfurent formez à l’exercice de la rame, Philippe aiant distribué des vi-vres & de l’argent aux soldats, mit à la voile, & aborda le secondjour à Pâtres. Son armée étoit de six mille Macédoniens & de douzecens étrangers. Dorimaque, Préteur des Etoliens, avoir alors envoiecinq cens Neocrétes au secours des Eléens sous le commandementd’Agélas & de Scopas: Sc les Eléens craignant que Philippe ne pensât à

met-

jalousie: objet bien petit pour une li grande in-famie, diront quelques-uns; mais ceux qui con-pniflênt la Cour en jugeront tout autrement,loriqu’ils íçauront ce que M. de la Rochefoucaut»ous apprend, que la faveur aujjì bien que V amourne le partage pas, & ne souffre aucun compéti-î eUr '-i r CS ^ >rtes âe trahisons sont les plus faci-les, u faut etre plus de trois pour les faire réus-sir; pour faire qu’une entreprile échoue, il fautbeaucoup de complices > & exciter de braves gensa niai faire & à se perdre de réputation; ce quin est pas ailé. Car lorfqu’on vient à approfondirla chose,il est fort facile de découvrir les auteursde la trahison. Chacun déclare les ordres qu’il areçus, pour ne pas pastèr pour infâme.

Si M. le Duc de Vendôme , dans certaineaffaire dont j’ai été le témoin, 8c qui arriva aucommencement de la campagne de 1706. eûtexaminé la chose, 8c recherché la cause d’un slgrand mal, il eût peut-être découvert celui quien étoit l’autcur, 8c l’eût fait infailliblement ar-rêter. Je le répété encore, ces sortes de prati-ques pour ruiner les desseins les plus làges 8c lesJiieux concertez, quelque finement qu’on les con-cise,font très-faciles à découvrir. Quelque dé-he qu’on soit, 8c quelque esprit que l’on ait, ily a toujours du grossier. Si l’on ne va pas jus-qu’à la conviction, on fait plus que soupçonnerceux qui s’en mêlent. Un traître qui avertit l’en-1 } e î u , dc . t ° ut ce ffui so passe dans une armée, estdifficile a découvrir; mais quarrd il s’agit de fairemanquer une entreprise, ou de réduire une arméea l’extremite faute de vivres , quoiqu’on scachequ’on n’en manque pas > 8c qu’on nous engagePar des conseils pernicieux dans des pais ou l’onHait qu’on ne sçauroit en faire venir : quoi dej?W aisé que de remonter à la source! Philippej? Hut bien faire. Rien de plus mal concerte 8cPal ^ Us à que ce que Léontius fit au siège deà^’ Pour empêcher que Philippe ne prît cetteo Importante. Après que ce Prince eût fait

bérent, & firent une brèche à pastèr plusieurs co-hortes de front ; lorsou’il tut question de monterà l’assaut, Léontius se mit à la tête, bien moinsdans le dessein d’entrer dans la ville, que d’empê-cher qu’aucun n’y entrât > la plûpart des Officiersaiant été gagnez ou corrompus. Cette mauvaisevolonté dans des troupes braves 8c aguerries éton-na Philippe, il jugea dès-lors qu’il y avoit destraîtres dans son armée, 8c que Léontius avoitbeaucoup de complices parmi les Officiers prin-cipaux de son armée, 8c qu’il n’étoit fidèle com-me les autres que lorsque son devoir n’étoit pasoppose à ses passions. Ecoutons Polybe. „ Alors„ le Roi s’approcha de la ville, 8c exhorta les as-,, fiégez de faire la paix avec lui. N’en étant„ point écouté, il fit mettre le feu aux bois de-„ bout qui soutenoient le mur sappé ; cette par--, tie de mur tombe, 8c l’infànterie à rondaches,„ selon l’ordre qu’elle en avoit reçu , marche la„ première en cohortes. Trois jeunes soldats„ avoient déja franchi la brèche : mais Léontius,,, qui commandoit cette infanterie, se souvenant„ de la parole qu’il avoit donnée aux autres con-„ jurez, les empêcha de passer plus avant.’’ Cecomplot me paroît tout des plus lourds 8c desplus grossiers. Ce que fit Apelles pour réduireson Maître aux dernières extrémitez , n’est pasplus sensé. Ce Prince ne manquoit point d’ar-gent : pour faire en sorte qu’il en manquât, ilprétexta un voiage à Chalcis. >, II fut là fi fidèle„ à la foi qu’il avoir donnée aux compagnons de„ íà perfidie, dit mon Auteur , 8c il y sçut si,, adroitement abuser de l’autorité que son an-„ cienne faveur lui donnoit sur les peuples, qu en-,, fin le Roi dénué de tout se vit réduit a mettre,, en gage là vaisselle. ” On peut voir le châti-ment que le Roi fit de ces personnages.

II y a bien peu de complots 8c de perfidiesqu’on ne puisle aisément découvrir, lorsque quel-que habile homme se l’est mis une fois danscreuse --fcipres que ce mucc cul lau l’efprlt. On fait quelque fausse confidence de qucl-fondeme ë a ^ eries souterraines jusques sous les que entreprise importante, 8c alors on voit bientôttaque au-n es mi í rs de * a ville, du côté de l’at- par les mesures que l’ennemi prendra , si l’on ades bois deb * es e .^ t ^ a ' ts àpper 8c soutenir par lieu de soupçonner sa fidélité. Parlons franche-que les mura > 'n t ’ ^ ? fit mettre le feu: de sorte ment, on est souvent plus traître à son Prince1Ues ne tenant plus à rien, elles tom- que l’on ne pense, lors même qu’on n’a aucune