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Tome V.
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LZ8 HISTOIRE DE PGLYBE,

,, font au contraire très-préjudiciabks, & nous faisons justement ce que TenneMj, devroit faire, s’il n’étoit pas en état de tenir la campagne ; outre que l’ennemipeut rétorquer avec usure, & cela ne manque guéres d’arriver tôt ou tard : pour- jquoi donc fatiguer les troupes pour rien ? Ce grand Capitaine raisonne en hommeexpérimenté.

Les courses & les invasions peuvent être glorieuses & utiles, lorsque les arméesfont en campagne j parce que toutes les places de la féconde ligne íbnt dégarnies, Sccelles de la première, qui font les plus éloignées de Tendrait où font les armées,ne le font guéres moins. C’est là le tems le plus favorable, & il y a des campsqui nous mettent en état de tenter ces sortes d’entreprises, qui échouent très-rare-tnent ; mais il faut un grand art pour les faire réustir, & des gens hardis & capablesde l’exécution. On peut avoir divers desseins ; mais les plus utiles font de porter au-loin les contributions, fans les accompagner de la ruine du pais, & de surprendrequelque bonne place. Un poste avantageux nous méne là, ou lorsque T ennemi fetrouve engagé dans quelque siège. On entreprend ces fortes de choses avec degrands ménagemens & des préparatifs convenables, un corps de cavalerie considéra-ble, tous les dragons & les grenadiers de toute une armée , fans autres équipagesque leurs tentes, rien de superflu & du biscuit pour plusieurs jours,quelques piè-ces de canon de campagne, six de seize livres de baie, pour s’en servir dans Toc-casion, & quelques pontons, & tout avec un double attelage pour faire plus <sediligence, & plusieurs chariots chargez d’échelles. Lorsque toute une armée marcheà ces sortes d’expéditions, on méne peu de canons, & Ton se sert des chevaux despetites pièces pour doubler Tattelage des grosses. On ne marchera qu’avec les me-nus bagages, & l’on fera bien attention que lorsqu’on entreprend dans un pais demontagnes il faut avoir des vivres pour plusieurs jours , & c’est particulièrementdans ces sortes de pais, plus que dans aucun autre , qu’on doit en avoir au-delàde ce qu'il en faut,& où la maxime de T Amiral de Coligni doit être mise le plusen considération. II diíoit qu’une armée étoit un monstre , qu'il falloit toujourscommencer de la former par le ventre, & à la nourriture duquel on devoit pour-voir avant que d’en exiger aucun service.

Philippe trouvant la conjoncture favorable, & des Généraux incapables de péné-trer son dessein, sc jetta dans les montagnes de Therme, surprit cette ville, la brû-la , & ravagea tout le pais en s'en retournant, & embrassa un dessein, dont lé butétoit solide & avantageux. Son expédition, ou son invasion dans la Laconie, avoítpour fin la ruine du païs de Lacédémone, & par-là le moien de subsister. MaisTon ne fçauroit que dire de T expédition de Charles Gustave dans la Pologne. $la traversa d’un bout à l’autre à la tête d’une belle armée. Rien de plus brillau tque ce qu’il fit. 11 remporta plusieurs grands avantages, & gagna même une ba-taille auprès de Warsovie; perpétuellement suivi de T ennemi dans toutes ses cour-ses, qu’arriva-t-il ? Il entra dans la Pologne à la tête d’une armée nombreuse,sortit très-débiffé & réduit à rien, sens avoir gagné un pouce de terre dans un pais-où il n’y a aucune place forte que dans des lieux, où le défaut des vives & des ma-gazins nous rend les sièges impossibles, & ces places ne pouvant être soutenues, no’jSdeviennent entièrement inutiles pour être trop éloignées de nous. Charles Xl^'éprouva la même chose, & fut plus malheureux que Charles Gustave. Toute seharmée périt dans ce païs, & à T entrée de la Moscovie.

M. de Montécuculi ne fut jamais porté pour les courses & le ravage des f ro11 'tiéres des ennemis. „ La guerre , dit-il , ne consiste pas à dérober quatre cba-„ meaux, ou à brûler une paillasse,on renverse Tordre des choses quand de W'