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Tome V.
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%e 6 HISTOIRE DE POLYBE,

tant d’horreur, il en mcr pourtant beaucoup, bien qu’il y eût été trompé ,& qu’lse soit tourné du côté du parti rebelle. La rébellion de Molon , celle d’Achéemême avoit quelque chose de grand & d’élevé dans son principe, quoique de très-criminel, mais ceux qui ont été la cause de la plupart des révolutions qui font ar-rivées sous le régné de Louis XIII. & pendant ia minorité de Louis XIV. n’avo-ient, disons-le fans façon,rien de semblable. Dans les guerres même de Religion,les Chefs, si l’on en excepte trois ou quatre, entre autres le Prince Henri de Rohan& l’Amiral de Coligni, le reste n’avoit ni religion, ni bonne foi, ni honneur, ilsen avoient moins que leurs soldats , qui combattaient pour leurs partis bons oumauvais, bien que les Loix du Christianisme ne permettent en aucune maniéré àdes Sujets de prendre les armes contre leur Souverain légitime de quelque Religionqu’un Prince puisse être ou qu’il veuille être ; c’est le sentiment des plus habilesThéologiens & de S. Paul lui-même. Je citerai là-dessus Bayle dans son Dictio-naire dans l’article d’Amyra-ult, il dit que ce Ministre Professeur en Théologie àSaumur étoit un des plus sçavans & des plus honnêtes hommes de son tems , &

que dans l’Apologie qu’il publia pour ceux de la Religion l’an t 647. il excuse lemieux qu’il peut leurs guerres civiles de France, mais il déclare néanmoins ,, qu’il„ ne veut nullement entreprendre la défense de la prise d’armes contre son Prince„ pour quelque cause que ce puisse être .... & qu’il a toujours cru qu’il con->, vient beaucoup mieux à la nature de l’Evangile & à la pratique de l’Eglise an-,, cienne de n’avoir recours à autres armes qu’à la patience , 'aux larmes & aux„ prières ... & toutes les fois, dit-il, que je jette les yeux de l’esprit dessus„ l’histoire de nos peres, je ne puis que je ne regrete très-fensiblement qu’ils n’a-„ ient tant d’autres belles vertus dont ils nous ont laissé les exemples de l’imitation„ des premiers Chrétiens en cette invincible patience qu’ils montrèrent sous les per-„ fécutions des Empereurs. ” Ces paroles dont je me fuis souvenu & si propresà nous faire détester les guerres civiles, & ceux qui en sont les boutefeux ou lesChefs, ne m’ont pas paru devoir être supprimées , car elles prouvent que si cesguerres ne font pas permises dans les choses de Religion , à plus forte raison dansles autres eas, ou la Religion & la conscience n’entrent en aucune maniéré: tellefut celle de Molon contre son Prince , & de cent mille autres rebelles beaucoupplus indignes que lui, pour être portez d’une ambition moins noble & moins éle-vée , accompagnée d’une infâme & basse avarice.

§. II.

// est toujours hon que le Roi commande lut-mcme fes armées. Remarques fur le pas-sage du Tigre par Xènéte. Ejsets étranges de la peur.

M Olon avoit déja remporté cette grande victoire fur Xénéte par un stratagèmefort remarquable. Cet événement jetta Antiochus dans un très grand em-barras. S’il eût écouté les avis des gens sages & expérimentez , & qu’il fe fûtmoins laiûé gouverner par un Ministre lâche, malhabile & vindicatif, qui ne fça-voit ce que c’étoit que la guerre , & qui craignoit moins pour son maître q UÊpour lui du conseil qu’Epigéne donnoit, ce Prince auroit marché en personne droità Molon pour le combattre. Hermias n’oublioit rien pour empêcher que le R 01

ne s’exposât dans une guerre si disscile, le Roi assembla son Conseil, „ & a * anf

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