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Tome V.
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LIVRE V. CHAP. XVII. 3 <r 7

de leurs favoris & clés Chefs allèrent de corps en corps íiir le frontde la ligne pour encourager les troupes* ils Rattachèrent surtout Pun& l’autre à leur phalange,dont ils eípéroicnt le plus. Ptolémée étoitaccompagné d’Aríinoé fa íœur, d’Andromaque 6c de Sofibej Antio-chus de Tbéodote & de Nicarque. Côtoient de part 6c d’aurre lesChefs des phalanges. Les harangues de part & d’autre rouloientfur les mêmes motifs. Comme les deux Princes n’étoient fur le trô-ne que depuis peu, 6c qu’ils n’avoient rien fait encore de fort mé-morable, ils fe servirent, pour animer les phalanges, de la gloire deleurs ancêtres, & des grandes actions qui la leur avoient acquise. 11$leur firent voir surtout , aux Officiers en particulier 6c à toutes lestroupes en général, les grandes espérances que l’on fondoit fur leurvaleur. Prières, exhortations , on emploia tout pour les engager àbien faire leur devoir.

Après que les deux Rois eurent ainsi exhorté leurs soldats, ou pareux-mêmes ou par des truchemens, Ptolémée revint à son aile gau-che avec sa sœur, & Antiochus suivi de ses gens-d’armes à son ailedroite : fur le champ on sonne la charge, & les éléphans commen-cent faction. Quelques-uns de ceux de Ptolémée vinrent fondre avecimpétuosité fur ceux d’Antiochus. On fe battit, des tours , avecbeaucoup de chaleur, les soldats combattant de près & se perçant lesuns les autres de leurs piques. Mais ce qui fut le plus agréable ,ce fut de voir les éléphans mêmes fondre de front les uns fur lesautres, 6c fe battre avec fureur. Car telle est la maniéré de combat-tre de ces animaux. Ils se prennent par les dents , & fans branlerde la place ils se poussent l’un l’autre de toutes leurs forces, jufqu’àce que l’un des deux plus fort détourne la trompe de son antagoniste *6e dès qu’il lui a fait prêter le flanc, il le perce à coups de dents,comme les taureaux fe percent avec les cornes. La plupart des élé-phans de Ptolémée craignirent le combat, ce qui est aísez ordinaireaux éléphans d’Afrique. lis ne peuvent soutenir ni l’odeur , ni lecri de ceux des Indes, ou plutôt je crois que c’est la grandeur & laforce de ceux-ci qui les épouvantent & leur font prendre la fuiteavant même qu’on les en approche. C’est ce qui arriva dans cetteoccasion. Ces animaux aiant lâché le pied, en foncèrent les rangs quife rencontrèrent devant eux. La garde de Ptolémée en fut renver-sée. Antiochus tourna en même tems au defïus des éléphans , &

chargea la cavalerie que commandoit Polycrates. Les étrangers deGréce, qui étoient en-deçà des éléphans auprès de la phalange don-nent fur les rondachers de Ptolémée, Sc les enfoncent d’autant plusaisément qu’ils avoient dé j a été désunis 6c rompus par leurs éléphans.Ainsi toute l’aíle gauche de Ptolémée fut défaite, Sc prit la fuite.

Echécrates à l’aíle droite attendit d’abord quel seroit le fore de la

gau-