livre VIII. CHAP. II. 47
sont soumis toute la terre, quels obstacles en particulier ils ont rencon-tré dans le vaste desièin de conquérir tout, ce qui les a quelquefoisarrêtez Sc en quels tems. On ne peut donc non plus íans cette Histoiregénérale bien concevoir la grandeur des actions, ni les forces d’un Gou-vernement. Car que les Romains sc soient mis en marche pour subju-guer l’Espagne ou la Sicile , qu’ils aient fait la guerre fur terre & furnier, ces entreprises, à ne les regarder qu’en elles-mêmes, ne font pasfort extraordinaires : mais quand on considère que toutes ces entrepri-ses & beaucoup d’autres s’exécutoient en même tems par la même Puis-sance & le même Gouvernement, & qu’on joint à cela les malheurs 8cles guerres dont l’Italie même étoit en même tems accablée, c’est alorsque les faits se développent à l’efprit, Sc que l’on y voit tout ce quimérite notre admiration. C’est ainsi qu’on les connoît comme ils doi-vent être connus. Cela soit dit contre ceux qui s’imaginent que lalecture des Histoires particulières suffit pour nous donner la connoiííàn-Ce d’une Histoire commune & universelle.
CHAPITRE III.
Marcus Marceline attaque avec une armée navale tAchrad'me deSyracuse. ‘Description de la sambuque. Inventions d Archimé-de pour empêcher Veffet des machines de Marcellus & d Appius.
L Orfque Marcellus attaqua l’Achradine de Syracuse, ía fíote étoiti composée de soixante galères à cinq rangs de rames, qui e-toient pleines d’hommes armez d’arcs, de frondes Sc de dards pournettoier les murailles. II avoit encore huit galères à cinq rangs,d’un côté deíquelles on avoit ôté les bancs, aux unes à droite, auxautres à gauche , 8c que l’on avoit jointes ensemble deux à deuxpar les cotez où il n’y avoit pas de bancs. Côtoient ces galères,qui poussées par les rameurs de l’autre côté, approchoient des mu-railles ce qu’on appelle des sambuques , dont il faut expliquer laconstruction. C’est une échelle de la largeur de quatre pieds, la-quelle drestee est aussi haute que les murailles. De l’un & de l’au-tre côté de cette échelle régné une balustrade fur laquelle on étendde grandes couvertures. On la couche de son long sur les cotezdes deux galères jointes ensemble , de sorte qu’elle passe de beau-coup les éperons , Sc au haut des mâts de ces galères on met despoulies & des cordes. Quand on doit les mettre en oeuvre , onat tache les cordes à l’extrémité de la machine, & des gens de des-sus la poupe l’élévent par le moien des poulies : d’autres fur la proue