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Tome VI.
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LIVRE VIII. CHAP. VII.

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lentement y arrivaíîènt. La chose réuílit, on surprend la garde, &pendant qu’une partie des conjurez la tue, l’autre brise la porte. An-nibal arrive à propos, aiant si prudemment disposé sa marche qu onn’en eut dans la ville aucune connoissance. . .

Cette entrée s’étant faite sûrement & sans bruit selon le projet, An-nibal croit déja la chose fort avancée & traverse hardiment la granderue qui conduit au marché. II avoit laiííè fa cavalerie, au nom re edeux mille chevaux hors de la porte, pour servir au belom, en casqu’il parût quelques ennemis au dehors, ou qu’il arnvat quelque ac-cident imprévû, comme c’est assez l’ordinaire dans ces fortes d entre-poses- Quand il fut aux environs du marche, il fit faire ^ , stroupes, en attendant qu’il eût des nouvelles de Philemene , dontil étoit fort inquiet. Car après avoir pris pour foi d’entrer par laporte Témenide, il avoit envoie Philéméne avec son sanglier & milleAfriquains à la porte voisine, afin qu’usant non d’un seul moum, maisde plusieurs, selon qu’on étoit convenu, on eût aussi plus deiperancedç réuffir

Or Philéméne s’étant approché de la muraille à son ordinaire &aiant donné un coup de sissiet, un garde décendit vite pour lui ouvrirle guichet. Pour le presser, Philéméne lui dit de dehors qu’il se hatatd’ouvrir, parce qu’ils étoient fort chargez, qu’ils apportoient un san-glier. A ces mots ce garde espérant qu’il lui reviendroit quelque cho-se de cette chasse, parce qu’il avoit toujours eu fa part des précéden-tes , ouvrit avec beaucoup d’empressement. Philéméne qui étoit auxdeux premiers bras de la civière, entre le premier avec un autre en ha-bit de pâtre qu’il fait passer pour un païsan. Deux autres le luiventportant les deux autres bras de la civière. Entrez tous quatre, ils com-mencent par poignarder le garde qui leur avoit ouvert le guichet, &qui s’amuíoit bonnement à regarder & à manier le sanglier. Eniuiteils font entrer par le guichet les trente premiers Afriquains, dont lesuns brisent la porte, les autres tuent le reste des gardes. On don-ne après cela le signal , les autres Afriquains entrent Sc font con-duits au marché selon ce qui avoit été publié.

Annibal, en les volant, ravi de ce que tout lui réussissait à souhait,pensa à faire réussir le reste. II partagea les deux mille Gaulois qu’ilavoit en trois corps, & mit à la tête de chacun deux des conjurez. Ily joignit deux de ses Capitaines, avec ordre de se saisir des avenues lesplus commodes du marché. Aux conjurez, il leur ordonna de ne fai-re aucun mal auxCitoiens qu’ils rencontreraient ,& de leur crier de loinqu’ils ne sortissent point de chez eux, & qu’ils n’avoient rien à crain-dre. Mais les Officiers des Gaulois &c des Carthaginois eurent ordrede faire main basse fur tout ce qu’il sc présenteroit de Romains. Tou-tes choses qui furent d’abord exécutées.

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