JQ histoire de polybe,
bal, & dc la facilité qu’ont les Numides à combattre dans toute fortede terrains. Mais du moins les Romains emportèrent une bonne par-tie du butin, & prirent trois cens prisonniers. Ils se retirèrent eníùiteen leur camp. Après cela pensant que c’étoit par crainte qu’Annibalfaisoit retraite, ils se mirent à le suivre parle pied des montagnes.
D’abord ce Général ne perdant point de vûe son premier projet,marchoit à grandes journées. Mais après cinq jours de marche, fur1’avis qu’il reçut qu’Appius n’avoit pas quitté le siège, il sit faire halte,pour donner à ceux qui suivoient le tems de joindre, & pendant la nuitil se jette sur le camp des Romains, en tue un grand nombre Lc chaisele reste hors du camp. Le jour venu, voiant que les Romains s’étoientretirez fur une hauteur très-forte, il ne crut pas pouvoir venir à boutde les en chaíser. Mais prenant fa marche par la Daunie 8c traversantle pais des Brutiens, il s’avança si près de Rhége, sens avoir été dé-couvert, que peu s’en fallut qu’il ne se rendît maître de la ville. IIprit au moins tous ceux qui fe trouvèrent dans la campagne, & entreautres un grand nombre des citoiens de Rhége.
Peut-on voir ici sens étonnement avec quel courage 8c quelle émula-tion les Romains 8c les Carthaginois íè faisoient la guerre? On lit unfait à peu près semblable dans l’histoire d’Epaminondas, & que toutle monde admire. Ce Général des Thébains étant arrivé avec ses al-liez à Tégée, & voiant les Lacédémoniens assemblez dans Mantinéeavec leurs alliez comme pour leur livrer bataille, donna ordre à sestroupes de repaître de bonne heure, & s’ébranla au commencement dela nuit, comme s’il eût eu dessein de s’emparer des postes avantageux& de présenter le combat. Toute I’armée le croioit ainsi, loríqu’ilsit marcher droit à Lacédémone, & avec une si prodigieuse diligence, qu’ily étoit arrivé à la troisième heure de la nuit. N’y trouvant personnequi défendît la ville, il entra d’emblée jufqu’au marché, 8c fe renditmaître de toute la partie de la ville qui est le long de la rivière. Parhazard quelque déserteur arrive cette nuit-là même à Mantinée, Scapprend au Roi Agésilas ce qui fe paísoit. On court à Lacédémone.,& on y arrive dans le tems même que la ville se prenoit. Epaminort-das déchu de son espérance fait repaître fur le bord de l’Eurotas, don-ne quelque repos à ses troupes & retourne par le même chemin, ju-geant que les Lacédémoniens étoient tous accourus pour secourir leurpatrie, & qu’ils avoient Iaiíïe Mantinée sens secours. Cela n’avoit pa§manqué. C’est pourquoi il encourage les Thébains, il marche en gran-de diligence toute la nuit, 8c paroît au milieu du jour devant Manti-née , où il n’y avoit personne pour lui en défendre l’entrée. Mais se sAthéniens voulant partager cette guerre contre les Thébains, se présen-tèrent alors comme alliez des Lacédémoniens : l’avantgarde des Thé-bains touchoit déja au temple de Neptune, qui n’est qu’à sept stades