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Tome VI.
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LIVRE IX. CHAP. IV. 75

dance 8c la beauté des tableaux 8c des statues, p^is| l^nf^es^Con-

mœurs 8c la nobkslè des sentimens. Au reste,j dénouiller les vil-

quérans à venir apprennent *= Autrui l’orne-

ks qu ils le soumettent, 8c a ne pas taire ucanemcnt de leur patrie.

CHAPITRE IV.

Connaissances nécessaires à un Générai d’armée.

L Es affaires de la guerre ne doivent s’entreprendre qu apres^ beau-coup de réflexions. On peut n’en manquer aucune, lorsqu on s yconduit avec prudence. II y a deux fortes d actions militaires. Lesunes se font à découvert 8c par la force, les autres par finestè 8c paroccasion. Celles-ci sont en beaucoup plus grand nombre que les autres.

H ne faut que lire Vhistoire pour s’en convaincre. De celles qui se fontfaites par occasion, on en trouve beaucoup plus qui ont été manquées,que de celles qui ont eu un heureux succès. II est aisé d en juger parles événemens. On conviendra encore que la plupart des fautes arri-vent par l’ignorance ou la négligence des Chefs. Voions donc de quel-le maniéré on doit se conduire dans les actions de la guerre.

Ce qui se fait à la guerre sans but 8c fans dessein, ne mérite pas lenom d’actions. Ce font plutôt des accidens 8c des hazards ; choies dontnous ne parlerons point, parce qu’elles ne sont fondées fur aucune rai-son solide. II ne s’affit ici que des actions entreprises avec deíïèin.

Toute action demande un tems fixe 8c détermine pour la commen-cer , un certain espace de tems pour la faire, un lieu, cíu secret, dessignaux marquez , des personnes par qui 8c avec qui elle se faste, 8cUne maniéré de la faire. Quiconque aura bien rencontré dans toutesces choses, ne manquera pas de réussir ; mais l’omission d’une feule estcapable de faire échouer tout le projet. Car tel est le sort des entre-prises, une bagatelle, un rien peut les faire manquer, & toutes les me-sures ensemble suffisent à peine pour leur donner un heureux succès.

C’est ce qui doit engager les Chefs à ne rien négliger dans ces sortesd’occasions.

La première 8c la principale de toutes les précautions, .c’est le secret.Que jamais ni la joie de quelque bon succès inespéré, ni la crainte, nila familiarité, ni l’affection , ne vous porte à vous ouvrir de votre des-sein à des gens qui n’y doivent point avoir part; que ceux-là seuls ensoient instruits, fans lesquels il n’est pas possible de l’exécuter. Encorene faut-st pas le leur communiquer d’abord, mais à mesure que le be-Tome VI. K soin