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HISTOIRE DE POLYBE,
grands talens étoit d’élever le courage de ceux qu’il exhortait, &deles faire entrer dans toutes ses inclinations. Les soldats obéirent & sojettérent à l’envi dans l’étang. Ce fut alors que toute l’armée crut quequelque divinité conduisoit ce siège, & qu’on fe rappella tout ce queScipion dans fa harangue avoit promis du secours de Neptune 5 & cesouvenir enflamma tellement le courage des soldats, que faisant la tor-tue ils fondirent jufqu’à la porte, & tâchèrent de la briser à coups dehaches. Ceux qui s’étoient approchez de la muraille à travers de I’é-tang, voiant les créneaux abandonnez, non seulement ne trouvèrentaucun obstacle à appliquer leurs échelles, mais encore s’emparérent duhaut de la muraille fans combattre : les assiégez s’étant répandus danSles autres endroits, & surtout vers le bout de l’isthme & vers la portequi y conduisoit , & personne ne s’attendant que les ennemis attaque-roient la muraille du côté de l’étang: outre que les cris confus que jet-toit la populace effraiée ne leur permettaient ni d’entendre ni dé rienvoir de ce qu’il y avoit à faire.
Les Romains ne fe furent pas plutôt rendus maîtres de la muraille,qu’ils coururent de côté & d’autre pour attirer les ennemis; leur façonde s’armer leur donnant pour cela beaucoup d’avantage. Arrivez à laporte les uns décendirent & brisèrent les gons, les autres qui étaientau dehors entrèrent dans la ville. Ceux qui escaladoient du côté dubout de l’isthme, aiant repoufle les assiégez, s’emparérent de créneaux-C’est ainsi que la ville fut prise. La colline du côté de l’Orient futemportée par ceux qui étoient entrez par la porte, après en avoir chasséles Carthaginois qui la gardorent.
Quand Scipion crut qu’il étoit entré aflèz de soldats dans fa ville, ifen détacha la plus grande partie contre les habitans, selon que les Ro-mains ont coutume de faire après les sièges, avec ordre de tuer touSceux qu’ils rencontreraient, de ne foire quartier à personne, & de r>epenser point à piller que le signal n’en fût donné, fe m’imagine qu’ilsne font ce grand carnage que pour donner de la terreur, & que c’estpour cela que souvent dans les prises des villes non seulement ibpaflènt les hommes au fil de l’épée, mais encore coupent en deux lc$chiens & mettent en pièces les autres animaux r coutume qu’ils obser-vèrent surtout ici, à cause du grand nombre d’animaux qu’ils avoiesl cpris. Scipion ensuite à la tête de mille soldats s’avança vers la citadel-le. A son arrivée, Magon voulut d’abord fe mettre fur la défensiveMais faisant réflexion que la ville étoit entièrement au pouvoir des Ro-mains, il envoia demander la vie à Scipion, 8c lui remit la citadelleAprès quoi le signal du pillage fut donné, 8t on cefla de tuer. Ifnuit venue, ceux qui avoient ordre de rester dans le camp, y restè-rent. Le Général 6e ses mille soldats prirent leur logement dans ^citadelle. Le reste eut ordre par les Tribuns de sortir des maisons &