108 HISTOIRE DE POLYBE,
devoir l’arrêter, sur le champ ií marcha pour combler les puits. LeRoi en fut averti, & fit partir aussitôt Nicoméde avec mille chevaux.Mais Arfacès s’étoit déja retiré, on ne trouva que quelque cavaleriequi bouchoit les ouvertures par lesquelles on décendoit aux ruiílèaux,
Sc qui prit la fuite dès qu’elle s’apperçut qu’on venoit à elle.
Nicoméde aiant rejoint l’armée, Antiochus après avoir traversé ledésert, vint à Hécatompyle, ville située au milieu du pais des Parthes?
& à qui l’on a donné ce nom; parce qu’elle a des issiies pour alleren tous les lieux qui font alentour. Là il fit faire alte à ses troupes?
Sc aiant fait réflexion que si Arfacès se sentoit en état de le cor»battre, il ne quitteroit pas son païs & ne chercheroit pas un endroitplus avantageux pour cela que la plaine d’Hécatompyle, & qu’en seretirant il donnoit aísez à connoître qu’il n’avoit nulle envie-de se ,battre, il prit le parti de paílèr dans l’Hircanie. Arrivé à Tages, il Japprit des habitans que le chemin qu’il avoit à faire pour monter au 1sommet du mont Labute, d’ou l’on décend dans l’Hircanie, étoit Iextrêmement difficile, & qu’il étoit tout bordé d’une grande multi- Itude de Barbares. Sur ces avis il partagea ses armez à la légére est 1différentes troupes, il partagea aussi leurs Chefs & marqua quelle 1route chacun devoit tenir. II fit la même chose à l’égard des pion-1niers, qui dévoient suivre par tout les armez à la légére, & dispo-1fer de telle sorte chaque endroit où ils arriveraient, que les peíam- jment armez & les bêtes de charge puisent y paíser. J
II donna donc l’avantgarde à Diogéne: Elle étoit composée d’ar- Jchers , de frondeurs & de montagnars , qui habiles à lancer des 'traits & des pierres, sont d’une très-grande utilité dans les détroits?parce que fans garder aucun rang ils se battent d’homme à homme |dès que l’occasion sc présente, & que tout lieu leur est propre. H |leur joignit deux mille Candiots armez de leurs boucliers, sou? la *conduite de Polixénide Rhodien. L’arriéregarde que compofoient ícspesamment armez étoit commandée par Nicoméde &c Nicolas, le pre- :smier de l’Ifle de Cos & l’autre d’Etolie.
On n’eut pas fait quelque chemin en avant, que l’on s’apperçutque les endroits, où l’on devoit aller, étoient beaucoup plus diffici-les à aborder qu’on ne s’attendoit. La montée avoit trois cens stade 5de longueur. II falloit faire une bonne partie de cette route par ustchemin creusé par la chute des torrens , Sc rempli d’arbres Sc depierres qui étoient tombées d’elies mêmes du haut des rochers escar-pez qui le bordoient-, les Barbares avoient encore rendu ce cheminplus difficile par les abattis d’arbres qu’ils y avoient faits, & par kquantité de pierres qu’ils y avoient jettées: ajoutez qu’ils s’étoient p ostez le long de cette ravine sur les hauteurs les plus avantageuses Sc l cSplus sûres pour défendre: le passage : de sorte que s’il eût fallu nécessii-
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