i , 8 HISTOIRE DE POLYBE,
■ Peu après étant informé qu’Attalus étoit pâlie en Europe, qu’ilavoit abordé à l’île de Peparéthe , 8c qu’il étoit maître de la cam-pagne, il envoia des troupes pour garder la ville. II si t partir Po-lyphante avec un nombre suffisant de soldats pour défendre les Pho-céens 8c les terres de la Béotie. Menippe alla par son ordre à Chalcis8c dans le reste de l’Eubée avec mille soldats pesamment armez 8c cinqcens Agrianiens. Lui-même s’avança vers Scotuse, où il avoit donnérendez-vous aux Macédoniens. Aiant appris là qu’Attalus avoit mouil-lé l’ancre à Nicée, 8c que les Chefs des Etoliens s’étoient aíîèmblez àHéraclée pour conférer ensemble sur les affaires présentes, il partitde Scotuse dans le deíîein de répandre parmi eux la confusion &la terreur. Mais ils étoient partis quand il arriva. Ainsi après avoirfait le dégât dans le païs & pris ce qu’il put de vivres parmi les peu-ples qui habitent autour du golfe des Eniens , il retourna à Sco-tuse Sc. y sit camper son armée. II en repartit quelque tems après,suivi seulement de ses armez à la légére & d’une troupe de cavale-rie de sa garde, 8c alla décendre à Demétriade , où il resta pourobserver ce que les ennemis tenteroient. Et pour être mieux in-struit de tout ce qui se paíseroit , il envoia ordre à Peparéthe dansla Phocide 8c dans l’Eubée de l’avertir de tout par des fanaux allu-mez fur le Tisée, montagne située dans la Thessalie, 8c d’où cespeuples peuvent très-commodément informer de ce qui se fait cheZeux. Comme cette maniéré de donner des signaux, quoique d’ungrand usage dans la guerre, n’a pas été jusqu’à présent traitée avecexactitude, il est bon que nous nous y arrêtions un peu pour en don-ner une connaissance plus parfaite.
C’est une chose reconnue de tout le monde,que l'occasion qui aunegrande part dans toutes les entreprises, en a une très-grande dans cel-les qui regardent la guerre. Or de tout ce qui s’est inventé pour Ksaisir, rien n’est plus utile que les signaux par le feu. Que les chosesviennent de se pastèr, ou qu’elîes se paísent actuellement, on peut pafce moien les apprendre à trois ou quatre journées de là, 8c quelquefoismême à une plus grande distance, de sorte qu’on est surpris de rece-voir le secours dont on avoit besoin. Autrefois cette maniéré d’aver-tir étoit trop simple, Sc perdoit par-là beaucoup de son utilité. Cafpour en faire usage, il falloit être convenu de certains signaux; &comme il y a une infinité de différentes affaires, la plûpart ne pou-voient se connoître par des. fanaux. II étoit aise par exemple d'aver-tir ceux avec qui l’on étoit convenu, qu’rl étoit arrivé une armée àOrce, à Peparéthe ou à Chalcis ; mais des événemens qui arrivent fansqu’on s’y attende, 8c qui demandent qu’on tienne conseil fur le champ& qu’on y apporte du remède, comme une révolte, une trahison, unmeurtre ou autre chose semblable, ces sortes d’événemens, dis-je, ne