LIVRE X. CHAR IX.
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cher droit aux ennemis. Après avoir fait deux jours de marche as-fez modérée , au troiiiéme aiant après le souper donné ordre à laphalange de lever le camp dès le-point du jour, il prend fa cava-lerie, ses armez à la légére ct mille rondachers, & marche la nuiten diligence pour arriver à la rivière, fur l’avis qu’il avoit eu que lacavalerie ennemie qui en gardoit le bord pendant le jour, fe retiroicla nuit dans une ville qui en étoit éloignée au moins de vingt stades.N’aiant à traverser qu’un païs plat ct fort commode pour la cavalerie,quand le jour commença à paraître, il avoir déja fait palier l'Arse àla plus grande partie de íes troupes. La cavalerie Bactrienne infor-mée de la choie par íes espions, court au fleuve & fond fur les en-nemis qu’elle rencontre fur fa route. Antiochus fe voiant dans lanécessité d’essuier le premier choc de cette cavalerie, encourage lesdeux mille chevaux qui avoient coutume de combattre autour de lui,ordonne aux autres de íe ranger par enseignes & par escadrons, ct dePendre chacun le poste où ils avoient accoutumé de fe mettre, ct al-lant au-devant des Bactríens avec ses deux mille chevaux, il en vientaux mains avec les premiers qui se présentent. II se distingua plusqu’aucun des siens pendant ce combat. De part & d’autre on per-dit beaucoup de monde , mais la première troupe des Bactriens sucrompue. La seconde & la troisième étant venues à la charge, le Roifut preste, & le désordre commençoit à íè mettre dans íes troupes.Mais lorsque Panetoie marchoit à son secours avec le reste de la cava-lerie, dont la piíìpart étoit déja en ordre de bataille, il le tira lui Sc,ses gens du danger où ils étoient, & contraignit ceux des Bactriensqui combattoient tumultuairement & fans ordre, de prendre la fuite.Ils ne s’arrêtérent, Panetoie les poursuivant toujours, que lorsqu’ilseurent joint Euthydéme, & qu’après avoir perdu beaucoup de leursgens. La cavalerie du Roi aiant fait un grand carnage des ennemisct pris un grand nombre de prisonniers, fit retraite & campa ce jour-là même fur le bord du fleuve. Antiochus dans ce combat eut uncheval tué sous lui. II fut lui-même bleíîe à la bouche, & perdit quel-ques-unes de ses dents. De toutes les actions où il s’est trouvé, aucu-ne ne lui a fait une plus grande réputation de valeur que celle-ci. PourEuthydéme, il fut si effraie de cette bataille, qu’il s’enfuit à Zariaspe,ville de la Bactrianne, avec toute son armée.
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