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i$6 HISTOIRE DE POLYBE,
0 paix-, mere des richesses , la plus aimable des ‘Divinisez, que J tvous defìre avec ardeur ! §sue vous tardez à venir ! Que je crainsque la vieillesse ne me surprenne avant que je puisse voir ce tems heu-reux où tout retentira de nos chansons , & ou couronnez de fleursnous célébrerons des festins ! II faut encore comparer la guerre à l amaladie & la paix à la santé. Pendant la paix ceux qui sont malades strétablissent, pendant la guerre ceux qui sont sains périssent. DanS stpaix les vieillards font ensevelis par les jeunes gens, dans la guerre sesjeunes gens 1e font par les vieillards. Mais le principal motif que l'onapporte, c’est que dans la guerre on n’est pas en sûreté dans ses pro'prés murailles, au lieu que dans la paix les extrémitez mêmes du pastjouissent d’une sécurité parfaite.
CHAPITRE VIII.
Ce qu'il a manqué a Timée pour être bon Historien.
D Es deux organes que la nature nous a donnez pour nous infos'mer & nous instruire à fond des choses, l'ouïe Sc la vue, celui'çi quoiqu’incomparablement plus certain selon Héraclite (car les yesefont des témoins tout autrement exacts que les oreilles,) n’est cepen'dant pas la voie dont Timée s’est servi pour parvenir à la connoiffansedes faits dont il parle. II a pris la plus douce quoiqu’elle fût la moisesûre. II n’a rien examiné pas ses yeux, il n’a emploié que ses oreilleBien plus, car des deux manières dont l’ouïe sert à nous instruirechoses, sçavoir la lecture des Livres èc nos propres recherches, ilfait aucun usage de la dernière : nous l’avons prouvé plus haut. Siveut Ravoir pourquoi il s’en est tenu à la lecture, c’est que par ce most^on ne court aucun risque, Sc qu’on n’a rien à souffrir en apprenant. Ijn’est besoin pour cela que de se loger dans une ville où il y ait grassenombre de Livres, ou d’avoir auprès de foi une bibliothèque bien se> ur "nie. Avec ce secours on peut à l’aise dans un cabinet, fans rien per^de ion repos Sc de fa tranquillité, s’instruire de ce que l’on chercb e .’comparer ensemble les Ecrivains passez Sc observer leurs fautes.pour faire des recherches exactes il en coûte des travaux & de la ^ e 'pense. Auffi c’est ce qui perfectionne l’Histoire Sc qui lui donne f° nprix. On le voit par le témoignage de ceux qui se font exercez dans cCgenre d’écrire. Ephore dit que s’íl étoit possible que ceux qui écriv( ndes faits, en fussent témoins oculaires, ce lèroit la meilleure mani^Rde les connoître. Et Théopompe, que celui-là est d’autant plus "Kbile dans les choses de la guerre, qu’il s’est trouvé à un plus g rar R