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„ & nous trompent. Que faire après cela ? Mettez-vous en ma place„ 8c répondez. Faut-il les décharger de ce qu’ily a de plus rigoureux,, dans le Traité? Certes l’expédient seroit merveilleux pour leur ap-„ prendre à tromper dans la fuite ceux qui les auroient obligez. S’ils„ obtiennent ce qu’ils demandent, direz-vous, ils n’oublieront jamais„ un si grand bienfait. Mais ce qu’ils nous ont demandé en fuppliaflS„ ils l’ont obtenu, 8c cependant fur la foible espérance que votre retout„ leur a fait concevoir, ils nous ont d’abord traitez en ennemis. Est„ un mot, íì aux conditions qui vous ont été imposées on en ajoutort„ quelque autre encore plus rigoureuse, en ce cas on pourroit portes„ une seconde fois notre Traité devant le peuple Romain -, mais puis*„ qu’au contraire vous retranchez de celles dont on étoit tombé d’ac-„ cord, il n’y a plus de rapport à lui en faire. A quoi tend aussi cc„ discours ? A vous faire entendre qu’il faut que vous vous rendieí„ vous 8c votre patrie à discrétion, ou qu’une bataille décide en votre„ faveur. Ces discours finis fans rien conclure pour la paix, les deu*Généraux se séparèrent.
Le lendemain dès le point du jour on fit sortir les armées de leurscamps 6c l’on se disposa à combattre, les Carthaginois pour leur pro-pre salut St la conservation de l’Afrique, les Romains pour s’aflurefl’empire de l’univers. Qui en lisant avec réflexion ce que je vai racofl'ter ne se sentira pénétré de compassion. Jamais nations plus belliqueu-ses , jamais Chefs plus habiles 8c plus exercez dans le métier de la guer-re n’étoient venus aux mains les uns contre les autres, jamais la f° r 'tune n’avoit proposé de plus grands prix aux combattans. Car il fíCs’agistòit ni de l’Afrique ni de l’Europe, le vainqueur devoit devenirmaître de toutes les autres parties du monde connu, comme il le d e 'vint én effet peu après. Voici de quelle maniéré Scipion rangea f eStroupes en bataille. II mit à la première ligne les Hastaires, laiss** 1 ^des intervalles entre les cohortes -, à la seconde les Princes, posta* 111leurs cohortes non vis-à-vis les espaces de la première ligne, com* 1 ^c’est la coutume chez les Romains, mais les unes derrière les autr eSavec des intervalles entre elles, à cause du grand nombre d'élépha*^qui étoient dans l’armée ennemie. Les Triaires formoient la référs'Sur l’aîle gauche étoit C.Laclius avec la cavalerie d’Italie, Sc fur la dfof eMassinifla avec ses Numides. Il jetta dans les espaces de la prernie^ligne des Velites & leur donna ordre de commencer le combat, de t* 1 ^'niére pourtant que s’ils étoient poussez ou ne pou voient soutenirchoc des éléphans, ils se retiraílent, ceux qui courraient le mi eU *]derrière toute l’armée par les intervalles directs, 8c ceux qui íe verraient enveloppez, par les espaces de traverse à droit 8c à gauche.
II courut, ensuite dans tous les rangs pour animer en peu de mots ttroupes à bien faire leur devoir dans l’óccasion présente : „ Qu'*^ ^