HISTOIRE DE POLYBE,
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chapitre III.
Procédé injujíe de ‘Philippe & d’Antiochus contre le fils
de Ptolémée.
C Hose étonnante ! Pendant que Ptolémée vivoit & qu’il pouvoitse palier du secours de Philippe & d’Antiochus, ces deux Prin-ces étoient toujours prêts à le secourir : à peine est-il mort, laiílàntaprès lui un jeune enfant à qui les loix de la nature les obligeoientde conserver le Roiaume, qu’ils s’animent l’un l’autre à partager celtesuccession & à se défaire du légitime héritier. Encore íì comme lc§Tyrans ils avoient mis leur honneur à couvert par quelque prétexte aumoins léger : mais ils se conduisirent en cela d’une maniéré si féroce.& si brutale, qu’on leur appliqua ce que l'on dit ordinairement despoiíïons , qu’entre ces animaux, quoique de même espèce, les pluspetits servent de nourriture aux plus gros. Peut-on jetter les yeu*fur le Traité que font ensemble ces deux Rois , que l’on ne voieclairement leur impiété, leur inhumanité, leur ambition & leur ava-rice excessive ? Que si quelqu'un sçait mauvais gré à la fortune de lejouer ainsi des pauvres mortels, qu’il prenne à son égard des senti-mens plus modérez : elle eut foin de punir ces deux Rois comrsteils méritoient, & en fit un exemple qui servira dans les siécles à ve-nir à contenir dans le devoir ceux qui voudroient les imiter. Pest-dant qu’ils ne cherchoient qu’à se tromper l’un l’autre & qu’ils dé-chiraient par morceaux le Roiaume du jeune Roi, la fortune susci-tant contre eux les Romains fit retomber justement fur eux & raufl#contre eux-mêmes toutes les fraudes qu’ils médiraient contre les au-tres. Vaincus l’un & l’autre, non seulement ils ne purent plus con-voiter le bien d’autrui, mais ils furent encore obligez de paier trib^aux Romains & de se soumettre aux ordres qu’ils en recevoient. Po uífinir, en très-peu de tems elle releva le Roiaume de Ptolémée, êrenversa ceux de Philippe & d’Antiochus, & fit sentir à leurs succes-seurs des maux presque aussi grands, que ceux dont ces deux Prist ceSavoient accablé le jeune pupille.
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