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Tome VI.
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,<H? histoire de polybe,

villes. Ils étoient venus pour délivrer les Cianiens des maux dontils étoient menacez, ils n’y étoient venus que parce que lui-mêm eles y avoit exhortez & preíïèz même avec instance, & ils ne íontpas plutôt arrivez qu’il les rend spectateurs des choses qu’ils crai'gnoient le plus. Ajoutez à cela qu’il indisposa tellement les Rho-diens contre lui , qu’ils ne púrent plus en entendre parler. Et I ehazard aida beaucoup à leur inspirer cette haine. Car pendant q^ eson Ambastàdeur tâchoit dans le théâtre de justifier fa conduite, &leur vantait fort la générosité de Philippe , qui maître en quelqueíòrte de leur ville les avoit laistèz jouir de leur liberté , tant poufdétruire les calomnies que ses ennemis avoient répandues, que poukdonner aux Rhodiens des preuves du bien qu’il leur vouloir: je sl eíçai quel homme arrivant de la store dans le Prytanée annonça &prise de la ville des Cianiens, 8c les cruautez que Philippe y avoitexercées. Cette nouvelle apportée au milieu du discours de l’Ambas-sadeur, par le premier Magistrat des Rhodiens , surprit si étrange-ment l’aílèmblée, qu’on ne pouvoir íe persuader que Philippe eût étécapable d’une si étrange perfidie. Cependant ce Prince après s’êtrsplus trompé lui-même qu’il n’avoit trompé les Cianiens , s’aveugîade telle forte , qu’au lieu de rougir 8c mourir de honte de ce qu’ilavoit fait, il s’en glorifiait comme de la plus belle action de fa vie-Auísi depuis ce jour-là les Rhodiens le. regardèrent comme leur enne-mi, 8c firent des préparatifs pour s’en venger. Cette même actionlui attira auísi la haine des Etoliens. II s’étoit depuis peu remis cUpaix avec eux, 8c leur tendait les mains ; peu de tems auparavant Havoit fait alliance avec les habitans de Lysimachie,lesChaIcédoniens&les Cianiens. Malgré cela, il commença par éloigner fans aucun pré-texte les Lysimachiens de l’alliance qu’ils avoient avec les Etoliens, &fit ensuite pasièr sous le joug les Chalcédoniens, 8c après eux les Cia-niens , quoique celui qui commandoit dans la ville 8c qui gouverno^tout, y fût de la part des Etoliens. A l’égard de Prusias, il eut beau-coup de joie de voir íbn entreprise heureulement terminée; mais voiaU^qu’un autre en emportoit tout l’avantage, Sc qu’il n’avoit pour fa pa rCqu’une ville dont il ne restoit plus que le terrain, il en fut sensibleme^touché. Mais le mal étoit sens remède.

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